Aller au contenu

Couleurs

Comment obtenir une couleur en peinture, la nuancer et la choisir pour une pièce : onze familles, des nuances détaillées et des outils pour tester avant de peindre.

Étoffes de lin froissées teintes en écru, vert, terre cuite et bleu

Onze familles, un pilier chacune

Valeurs de référence numériques (écran sRGB), pas des formules de peinture.

Sommaire 5 parties

Une couleur de peinture ne se « lit » pas dans un code : elle s’obtient avec des pigments, se juge dans la lumière de la pièce et se vérifie sur un échantillon. Ce pôle rassemble ce qu’il faut savoir pour y parvenir : comment faire chaque grande couleur en peinture, comment la rendre plus claire, plus sourde ou plus chaude, avec quoi l’associer, et comment la choisir pour un mur sans mauvaise surprise.

Comment s’organise le pôle Couleurs

Le pôle repose sur trois étages, du plus général au plus précis.

  • Onze piliers, un par famille : rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet, rose, marron, beige, gris et blanc. Chaque pilier répond d’abord à la question « comment faire du [couleur] en peinture », puis présente les pigments qui comptent, la manière d’éclaircir, d’assombrir ou de rabattre la teinte, les erreurs fréquentes, des accords et des usages en décoration.
  • Les nuances : des pages dédiées à une teinte précise (un vert jade, un blanc crème, un bleu marine…), avec des pistes de mélange à tester et des corrections possibles. Chaque nuance est rattachée à sa famille.
  • Le guide du cercle chromatique : la carte commune à tout le reste. Il explique primaires, complémentaires et harmonies, et pourquoi le cercle des peintres ne coïncide pas tout à fait avec celui des écrans.

Les outils du Studio prolongent la lecture. Le Color Lab calcule des harmonies et des contrastes à partir d’un code ; le Mélangeur détaille des pistes de mélange pas à pas ; le Simulateur d’ambiance montre une teinte sur les murs d’une pièce type.

Quatre notions pour parler de couleur

Quatre mots suffisent pour décrire presque toute couleur, et pour savoir comment la corriger.

Notion Ce qu’elle décrit Comment la modifier en peinture
Teinte La position sur le cercle : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, violet… Ajouter une couleur voisine sur le cercle
Saturation L’intensité, de la couleur pure au gris Rabattre avec la complémentaire, un gris ou une terre
Clarté Le degré de clair ou de foncé Ajouter du blanc, ou une couleur plus sombre
Température L’impression de chaud (vers l’orangé) ou de froid (vers le bleu) Ajouter une pointe de couleur chaude ou froide

Dans le modèle numérique TSL (teinte, saturation, lumière, en anglais HSL), la teinte s’exprime par un angle de 0 à 360° : le rouge est à 0°, le vert à 120°, le bleu à 240°. Ce modèle est pratique, mais il n’est pas perceptuellement uniforme : deux écarts de même valeur ne se voient pas forcément autant.

La température, elle, reste relative. Une couleur paraît plus chaude ou plus froide selon ce qui l’entoure, et les couleurs chaudes et vives semblent avancer quand les bleus semblent reculer. Chevreul l’a formulé au XIXe siècle : une couleur modifie la perception de sa voisine. C’est pourquoi on juge toujours une teinte dans son environnement réel.

Couleur d’écran, couleur de peinture : deux mondes

C’est le point qui explique la plupart des déceptions.

À l’écran, la couleur est de la lumière. Un écran additionne trois lumières, rouge, verte et bleue (synthèse additive, RVB). Rouge et vert donnent du jaune ; les trois à pleine intensité donnent du blanc. Un code HEX, comme #4C7A5A, indique simplement l’intensité de ces trois lumières. Ce modèle dépend de l’appareil : le même code ne s’affiche pas exactement pareil sur deux écrans.

En peinture, la couleur est de la matière. Chaque pigment absorbe une partie de la lumière et renvoie le reste (synthèse soustractive). Mélanger des pigments, c’est cumuler les absorptions : le mélange devient plus sombre et moins saturé que ses composants. Les imprimeurs travaillent avec trois encres de base, cyan, magenta et jaune (CMJ) ; les peintres raisonnent traditionnellement avec un rouge, un jaune et un bleu. Aucun trio de primaires ne permet de tout obtenir : les mélanges restent en deçà des couleurs de départ, et les tons les plus vifs exigent un pigment adapté.

Choisir une couleur pour un mur

Une méthode simple évite l’essentiel des erreurs.

  1. Partez de la lumière de la pièce. Dans l’hémisphère Nord, une pièce orientée au nord reçoit une lumière indirecte et plutôt froide ; une pièce au sud, une lumière plus chaude, parfois intense à midi. Le fabricant Benjamin Moore conseille ainsi des teintes à sous-ton chaud au nord, et accepte des tons plus frais ou plus gris au sud.
  2. Décidez de la clarté avant la teinte. Une pièce sombre peinte dans un ton foncé paraîtra plus sombre encore ; c’est un choix possible, mais il doit être voulu.
  3. Peignez de grands échantillons. Une pastille de nuancier ne suffit pas. Peignez de larges carrés sur plusieurs murs, regardez-les le matin, l’après-midi et le soir, et vivez avec quelques jours avant de trancher.
  4. Vérifiez sous l’éclairage du soir. Deux couleurs identiques à la lumière du jour peuvent se séparer sous une lampe : c’est le métamérisme. L’indice de rendu des couleurs (IRC) des ampoules joue aussi ; quand la justesse des couleurs compte, on recommande généralement un IRC supérieur à 90.
  5. Regardez la couleur avec ses voisins. Sol, bois, tissus et plafond modifient la perception d’une teinte. Posez vos échantillons à côté des éléments qui resteront.

Par où commencer

Vous cherchez à obtenir une couleur précise : ouvrez le pilier de sa famille, par exemple le blanc, qu’on ne fabrique pas par mélange, ou le gris, qui se construit de plusieurs façons. Vous composez une palette pour une pièce : commencez par le cercle chromatique, puis testez vos accords dans le Color Lab. Vous hésitez entre deux teintes : comparez-les dans le Simulateur d’ambiance, puis sur le mur.

Les nuances d’Artisanat Web placées sur un cercle numérique : angle selon la teinte, distance au centre selon la saturation. Rouge cramoisi #A51B30Rouge vermillon #DB3E2CRouge bordeaux #6A1B2ARouge cerise #B11F3BOrange abricot #E8925ATerracotta #B75A43Jaune moutarde #D2A12AJaune canari #F4DD3BJaune soleil #F2B632Vert jade #00A36CVert mousse #7A8450Vert émeraude #0F7B5AVert menthe #A9D8C4Vert olive #6B6B2EVert sauge #819A85Bleu indigo #2E3A6EBleu cobalt #0047ABBleu marine profond #1C2541Bleu pastel #AFC6E2Bleu ciel #8DBDE8Bleu-vert #2A7F86Turquoise #2BB3A8Cyan #0097C4Bleu roi #2650B8Bleu nuit #1E2B5EParme #C3A3CFRose corail #F08A7ERose poudré #E7C3BCMagenta #C2185BVieux rose #C08081Marron chaud #7B4A2DCognac #9A4F25Grège #B9AE9EBeige sable #E0CDB0Gris perle #CFCDC6Taupe #8B7D70Noir #1A1A18Blanc crème #F3E9CF

Le cercle chromatique, carte commune

Primaires, complémentaires, harmonies : le guide explique comment lire le cercle, pourquoi celui des peintres diffère de celui des écrans, et comment s’en servir pour composer une pièce. Ci-contre, nos nuances placées selon leur teinte et leur saturation numériques.

Lire le guide du cercle chromatique Composer une harmonie dans le Color Lab

Comprendre les couleurs

Primaires, mélanges, complémentaires, couleurs chaudes et froides, pastels, et la liste des noms de couleurs de A à Z.

  1. Liste des couleurs de A à Z : noms, codes et nuances Près de 300 couleurs nommées, de l’abricot au zinzolin : un index alphabétique avec code HEX et origine du nom, et des réponses claires pour les lettres difficiles. 4 min de lecture
  2. Les couleurs primaires Il n’y a pas un trio de primaires, mais trois : celui du peintre, celui de l’imprimeur et celui de l’écran. Ce qui les distingue, ce qu’ils donnent deux à deux, et ce qu’ils ne donneront jamais. 9 min de lecture
  3. Tableau des mélanges de couleurs Jaune et bleu font du vert, mais lequel ? Le tableau des mélanges courants, puis la preuve par les pigments : un même mélange change selon les tubes choisis. 10 min de lecture
  4. Couleurs chaudes et couleurs froides Rouges, orangés et jaunes d’un côté, bleus de l’autre, le vert et le violet sur la frontière : une opposition utile, mais relative, que la lumière et le voisinage déplacent sans cesse. 9 min de lecture
  5. Les couleurs pastel Clarté élevée, saturation faible : un pastel est une couleur voilée de blanc. Son nom, son orthographe, sa fabrication en peinture et son emploi sans effet layette. 9 min de lecture
  6. Couleur complémentaire du vert Rouge ou magenta ? Les deux, selon qu’on mélange de la peinture ou de la lumière. Pour décorer, la bonne réponse dépend surtout de votre vert. 8 min de lecture
  7. Couleur complémentaire du rouge Vert ou cyan, selon qu’on mélange de la peinture ou de la lumière. Pour un mur, tout dépend du rouge : un vermillon n’appelle pas le même partenaire qu’un bordeaux. 7 min de lecture
  8. Les nuances de bleu : nuancier, noms et pigments Du bleu pastel au bleu marine, 44 bleus nommés et rangés par clarté : ce qui les distingue, d’où viennent leurs pigments et comment choisir le vôtre pour une pièce. 5 min de lecture
  9. Les nuances de vert : nuancier, noms et pigments Du vert d’eau au vert sapin, 41 verts nommés et rangés par clarté : ce qui les distingue, d’où viennent leurs pigments et comment choisir le bon pour une pièce. 5 min de lecture

Outils couleur du Studio