Aller au contenu

Tableau des mélanges de couleurs

Jaune et bleu font du vert, mais lequel ? Le tableau des mélanges courants, puis la preuve par les pigments : un même mélange change selon les tubes choisis.

Guide pratique

Parties
7
Lecture
10 min
Sources
10
Sommaire 7 parties

Le mélange des couleurs obéit à quelques règles simples. Deux primaires donnent une secondaire : jaune et rouge font de l’orange, jaune et bleu du vert, bleu et rouge du violet. Deux complémentaires donnent un brun ou un gris, tandis que le blanc éclaircit, le noir assombrit et le gris adoucit. Le tableau ci-dessous rassemble ces mélanges et les plus demandés, du marron au turquoise ; le second montre que le résultat exact dépend des pigments : un jaune et un bleu donnent toujours un vert, rarement le même.

Le tableau des mélanges de couleurs

Les lignes vont du plus simple au plus composé : secondaires, tertiaires (une primaire et une secondaire voisine sur le cercle chromatique), complémentaires, ajout de blanc, de noir ou de gris, puis les teintes les plus recherchées. Dans chaque cas, partez de la couleur la plus claire ou la moins puissante, et ajoutez l’autre par petites touches.

Couleur A + couleur B Résultat Note pratique
Jaune + rouge Orange (secondaire) Beaucoup de jaune, peu de rouge. Au rouge de cadmium, orange franc ; au rouge quinacridone, orangé plus rosé et plus sourd.
Jaune + bleu Vert (secondaire) Ajoutez le bleu au jaune. Au bleu outremer, vert plus doux, tirant sur l’olive ; au bleu phtalo avec un jaune citron, vert vif.
Bleu + rouge Violet (secondaire) Il faut un rouge froid (quinacridone, magenta) et un bleu outremer. Avec un rouge orangé, le violet tourne au brun violacé.
Jaune + orange Jaune-orangé, jaune d’or (tertiaire) Le jaune domine ; une pointe d’orange suffit à le dorer.
Rouge + orange Rouge-orangé, vermillon (tertiaire) Partez du rouge ; l’orange le réchauffe et l’éclaire.
Rouge + violet Rouge-violet, pourpre, framboise (tertiaire) Ajoutez le violet au rouge, touche par touche : il fonce vite le mélange.
Bleu + violet Bleu-violet (tertiaire) L’outremer tire déjà vers le violet : une pointe de violet suffit.
Bleu + vert Bleu-vert, bleu canard (tertiaire) Avec un bleu et un vert phtalo, très colorants, des traces seulement.
Jaune + vert Jaune-vert, anis (tertiaire) Partez du jaune citron ; le vert s’ajoute par traces.
Orange + bleu Marron, ou gris coloré éclairci au blanc (complémentaires) La paire la plus réglable, du roux au brun bleuté. Outremer et terre de Sienne brûlée, un orangé rompu, donnent aussi des gris et des quasi-noirs.
Rouge + vert Brun rouge, gris rosé ou verdâtre (complémentaires) Une trace de vert éteint un rouge sans le noircir ; davantage, et le mélange tourne au brun.
Jaune + violet Gris beige, brun kaki (complémentaires) Le violet de dioxazine est si colorant qu’une trace infime éteint un jaune.
Couleur + blanc Version claire et douce : rose, bleu ciel, lilas, pêche (tint) Ajoutez la couleur au blanc, jamais l’inverse. Le blanc de titane couvre, le blanc de zinc reste transparent. Voir les couleurs pastel.
Couleur + noir Version sombre (shade) Le noir éteint vite et peut déplacer la teinte : un jaune vire au kaki. Une complémentaire ou une terre assombrit souvent plus juste.
Couleur + gris de même clarté Version rabattue, moins saturée (tone) L’éclat baisse sans que la clarté change : vert sauge, vieux rose, bleu gris.
Blanc + noir Gris neutre Partez du blanc et ajoutez le noir par traces. Le gris garde la nuance du noir employé.
Blanc + rouge Rose Rouge chaud (cadmium) : rose saumon ou corail. Rouge froid (quinacridone) : rose frais.
Blanc + ocre jaune + trace de terre d’ombre Beige La terre d’ombre « casse » le jaune. Sans terres, une pointe de marron dans le blanc.
Jaune + trace de noir Kaki, vert olive Mêlé de noir, un jaune devient beige s’il reste clair, kaki s’il fonce. Restez à la trace.
Terre de Sienne brûlée + terre d’ombre brûlée Marron chaud Plus simple à refaire à l’identique qu’un brun de complémentaires.
Rouge quinacridone + terre d’ombre brûlée Bordeaux Une pointe d’outremer le rend plus violacé. Éclairci au blanc, il glisse vers le vieux rose.
Bleu phtalo + vert phtalo + blanc Turquoise Sans vert en tube : blanc, bleu phtalo et une pointe de jaune citron.
Gris + pointe de couleur Gris coloré : gris bleuté, gris rosé, grège Une pointe d’ocre réchauffe le gris, une pointe d’outremer le refroidit.
Rouge + jaune + bleu Brun ou gris sombre La couleur dominante décide : plus de rouge, brun chaud ; plus de bleu, gris ardoise.

Les mots anglais tint, shade et tone désignent une couleur mêlée de blanc, de noir ou de gris. Dans les trois cas, l’ajout d’un neutre réduit la saturation.


Les trois primaires des peintres et leurs secondaires
  • Rouge #B3322A
  • Jaune #E3B23C
  • Bleu #2F5592
  • Orange #DD7A32
  • Vert #4C7A5A
  • Violet #6B4E8E

Une même couleur se décline ensuite par le blanc, le noir ou le gris. Le rouge éclairci devient un rose ; assombri et refroidi, un bordeaux ; le rose rabattu de gris, un vieux rose.

Un rouge éclairci, assombri, puis rabattu
  • Rouge #B3322A
  • Rose #DE9AA3
  • Bordeaux #6A1B2A
  • Vieux rose #C08081

Enfin, les mélanges de complémentaires et les couleurs ternies forment toute la famille des tons rompus : bruns, gris colorés, kaki.

Bruns, gris colorés et kaki : les tons rompus
  • Marron #7A4E2E
  • Taupe #8B7D70
  • Gris #8D8D88
  • Grège #B9AE9E
  • Vert olive #6B6B2E

Pourquoi deux complémentaires font du brun ou du gris

Deux couleurs opposées sur le cercle s’annulent : en théorie, leur mélange donne un gris neutre. En pratique, deux pigments complémentaires donnent rarement un gris parfait ; le mélange garde une dominante, et c’est ce qui produit les bruns et les gris colorés. Golden le résume ainsi : mélanger des couleurs situées de part et d’autre du cercle donne du noir ou du gris, et ajouter à une couleur sa complémentaire en réduit la saturation.

C’est aussi pourquoi beaucoup de peintres assombrissent une couleur en la « rompant » avec une pointe de sa complémentaire, plutôt qu’avec du noir. Le noir assombrit, mais il peut faire glisser la teinte : un jaune mêlé de noir ou de gris devient un beige s’il reste de clarté moyenne, un kaki s’il est sombre. Pour baisser l’éclat sans assombrir, Golden conseille un gris de même clarté que la couleur.

Le marron, lui, n’a pas de case sur le cercle : il désigne des couleurs peu lumineuses à dominante orangé-rouge à rouge, autrement dit un orangé ou un rouge assombri et rompu.

Le même mélange, des pigments différents

Le tableau dit « jaune + bleu = vert », mais un jaune ou un bleu ne désignent pas un pigment précis. Golden le souligne : le rouge, le jaune et le bleu choisis peuvent changer du tout au tout la secondaire obtenue. Chaque pigment penche d’un côté du cercle : le bleu outremer (PB29) vers le violet, le bleu phtalo (PB15:3) vers le vert, le jaune de cadmium moyen (PY35) vers l’orangé, le jaune citron (PY3) vers le vert, le rouge de cadmium (PR108) vers l’orangé, le rouge quinacridone (PV19) vers le magenta.

Winsor & Newton en tire la règle : pour obtenir les mélanges les plus vifs, choisissez deux couleurs qui penchent l’une vers l’autre. Selon le fabricant, le vert le plus net naît d’un bleu et d’un jaune tirant tous deux vers le vert ; un outremer et un jaune de cadmium foncé, tirant vers le rouge, donnent un vert « sale ». Quand les deux pigments penchent en sens opposé, le mélange contient un peu des trois primaires, et il se ternit.

Pigments mélangés Résultat Pourquoi
Jaune citron (PY3) + bleu phtalo (PB15:3) Vert vif et froid Les deux pigments penchent vers le vert.
Jaune de cadmium (PY35) + bleu outremer (PB29) Vert doux, sourd, tirant sur l’olive Le jaune tire vers l’orangé, le bleu vers le violet : un peu de rouge s’invite dans le vert.
Rouge quinacridone (PV19) + bleu outremer Violet net Un rouge froid et un bleu chaud penchent l’un vers l’autre.
Magenta quinacridone (PR122) + bleu outremer Violet franc Golden a choisi ce magenta pour sa palette de mélange afin d’élargir la gamme des violets et des pourpres.
Rouge de cadmium (PR108) + bleu outremer Violet terne, brun violacé Le rouge orangé contient une part de jaune, complémentaire du violet.
Jaune de cadmium + rouge de cadmium Orange franc et lumineux Les deux penchent vers l’orangé.
Jaune de cadmium + rouge quinacridone Orangé plus rosé, moins éclatant Le rouge froid apporte une pointe de bleu, complémentaire de l’orange.
Bleu outremer + terre de Sienne brûlée (PBr7) Gris colorés, quasi-noirs Un bleu et un orangé rompu, presque complémentaires.
Blanc de titane (PW6) ou de zinc (PW4) + couleur Teinte claire couvrante (titane) ou transparente (zinc) Golden destine le titane aux tons pastel clairs, le zinc aux teintes subtiles et aux glacis.

Les pigments de synthèse, phtalocyanines et quinacridones en tête, ont rapproché la palette du peintre du cyan et du magenta des imprimeurs. Ils sont aussi très colorants : une trace suffit souvent.

Directions de mélange selon les pigments
  • Vert vif (citron + phtalo) #00A36C
  • Vert doux (cadmium + outremer) #4C7A5A
  • Violet (quinacridone + outremer) #6B4E8E
  • Orange (deux cadmiums) #DD7A32

Le biais d’un pigment se voit bien une fois éclairci au blanc. Voici six pigments du Mélangeur mêlés de blanc : l’outremer donne un bleu lavande, le bleu phtalo un bleu ciel ; le rouge de cadmium tire vers le saumon, le rouge quinacridone vers le rose frais.

Six pigments éclaircis au blanc (aperçus approximatifs)
  • Outremer #A3AAD9
  • Bleu phtalo #6AAEDC
  • Jaune de cadmium #FBE08E
  • Jaune citron #F8EF9C
  • Rouge de cadmium #F19C92
  • Rouge quinacridone #E99BB8

Pourquoi un écran mélange autrement que la peinture

Un écran additionne des lumières rouge, verte et bleue : rouge et vert donnent du jaune, et les trois réunies à pleine intensité donnent du blanc. La peinture fait l’inverse : chaque pigment absorbe une partie de la lumière, et mélanger deux couleurs revient à cumuler leurs absorptions ; à la limite, les trois colorants de base réunis ne laissent que du noir. D’où un paradoxe : en lumière, le jaune et le bleu sont complémentaires et s’additionnent en blanc, alors qu’en peinture ils donnent du vert. La moyenne de deux codes HEX ne prédit donc pas un mélange de pigments : celle de #FFFF00 (jaune) et de #0000FF (bleu) donne environ #808080, un gris moyen. Le guide des couleurs primaires explique pourquoi peintres, imprimeurs et écrans ne partent pas des mêmes primaires.

Tester un mélange : la méthode

  1. Préparez peu : quelques noisettes de peinture suffisent pour trouver la direction.
  2. Partez de la couleur la plus claire ou la moins colorante : le jaune pour un vert ou un orange, le blanc pour une couleur claire. Ajoutez l’autre par petites touches.
  3. Mélangez à fond au couteau entre chaque ajout, jusqu’à ce que les traînées disparaissent.
  4. Notez ce que vous ajoutez, dans l’ordre : c’est la seule façon de refaire la teinte.
  5. Peignez un échantillon et laissez-le sécher. Le liant de l’acrylique, laiteux à l’état frais, devient transparent en séchant, et la couleur fonce ; l’écart est plus visible dans les tons sombres. Just Paint conseille de préparer un ton un peu plus clair que la cible.
  6. Regardez l’échantillon sec à la lumière du lieu, le jour puis le soir, à côté des couleurs qui l’entoureront.
  7. Pour un mur ou un meuble, préparez toute la quantité en une fois : un mélange se refait difficilement à l’identique.

Les erreurs fréquentes

  • Multiplier les couleurs. Au-delà de deux ou trois, le mélange réunit presque toujours les trois primaires et tourne au brun. Winsor & Newton l’explique : un pigment mal orienté introduit déjà une « troisième couleur » imprévue, complémentaire, qui ternit le mélange.
  • Assombrir au noir. Le noir éteint la couleur et peut déplacer sa teinte ; une pointe de complémentaire ou une terre donne un résultat plus vivant.
  • Oublier que le blanc déplace aussi la teinte. Un rouge éclairci peut tirer vers le rose froid ou le saumon selon le pigment ; une pointe d’une couleur voisine sur le cercle corrige la dérive.
  • Prendre « le » rouge et « le » bleu pour un violet. Un rouge orangé et un bleu verdâtre donnent un violet boueux : changez de pigments plutôt que d’insister.

Questions fréquentes

Comment faire du vert, du violet ou de l’orange ?

Mélangez deux primaires : jaune et bleu pour le vert, bleu et rouge pour le violet, jaune et rouge pour l’orange. Partez du jaune pour le vert et l’orange, et ajoutez l’autre couleur par petites touches. Pour un résultat vif, choisissez des pigments qui penchent l’un vers l’autre : jaune citron et bleu phtalo pour le vert, rouge quinacridone et outremer pour le violet.

Comment faire du marron, du gris ou du rose ?

Le marron naît de deux complémentaires, comme l’orange et le bleu, ou des trois primaires ; les terres de Sienne et d’ombre le donnent tout prêt. Le gris s’obtient avec du blanc et du noir, ou avec deux complémentaires éclaircies au blanc. Le rose, enfin, est un rouge ajouté à du blanc.

Que donne le mélange de toutes les couleurs ?

En peinture, un brun ou un gris très sombre : chaque pigment absorbe une partie de la lumière, et le mélange finit par en absorber presque tout. Sur un écran, c’est l’inverse : rouge, vert et bleu réunis à pleine intensité donnent du blanc.

Pourquoi mon mélange devient-il marron ou boueux ?

Il contient, sans que vous le vouliez, les trois primaires : un rouge orangé dans un violet, un bleu violacé dans un vert vif, ou simplement trop de couleurs différentes. Revenez à deux couleurs qui penchent l’une vers l’autre et ajoutez-les par petites touches.

Peut-on prévoir un mélange de couleurs avec des codes HEX ?

Non. Un code HEX décrit une lumière d’écran, et la moyenne de deux codes ne correspond pas à un mélange de pigments. Les codes servent à visualiser une direction ; le résultat se vérifie sur un échantillon sec.

Sources consultées

  1. Color Mixing Guide | Golden Artist Colors goldenartistcolors.com
  2. Why does Winsor & Newton refer to colour bias rather than Munsell ratings ? (Winsor & Newton) eu.winsornewton.com
  3. RYB color model — Wikipedia en.wikipedia.org
  4. Tint, shade and tone — Wikipedia en.wikipedia.org
  5. Couleur complémentaire — Wikipédia fr.wikipedia.org
  6. Synthèse soustractive — Wikipédia fr.wikipedia.org
  7. RGB color model — Wikipedia en.wikipedia.org
  8. Jaune — Wikipédia fr.wikipedia.org
  9. Marron (couleur) — Wikipédia fr.wikipedia.org
  10. Color Shift-Shrinkage (Just Paint, Golden Artist Colors) justpaint.org