Rose
Un rose, c’est un rouge lavé de blanc. Selon le rouge choisi, on obtient un rose frais, un corail, un fuchsia ou un vieux rose poudré.
- HEX
- #DE9AA3
- RGB
- rgb(222, 154, 163)
- HSL
- hsl(352, 51 %, 74 %)

- #FBF1F2
- #F5DBDE
- #EEC5CA
- #E6B0B6
- #DE9AA3Référence
- #B37E84
- #896467
- #624B4B
- #3D3231
Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.
Sommaire 9 parties
Pour faire du rose en peinture, ajoutez du rouge à du blanc, par petites touches. Le rose n’est rien d’autre qu’un rouge lavé de blanc : c’est même le seul cas, en français, où une couleur éclaircie ne porte plus le nom de sa teinte d’origine. Le résultat dépend du rouge choisi. Un rouge chaud (cadmium, pyrrole) donne des roses saumon et corail ; un rouge froid ou un magenta (quinacridone) donne des roses frais, framboise ou fuchsia. Pour un rose poudré ou un vieux rose, on rabat ensuite avec une pointe de vert, de gris ou de terre.
Ce qu’est un rose, sur le cercle et à l’écran
Le rose n’a pas de place propre sur le cercle chromatique : c’est un rouge, ou un rouge-pourpre, de clarté élevée et de saturation modérée. Le code de référence de cette page, #DE9AA3, correspond en TSL à une teinte d’environ 352° (un rouge légèrement bleuté), une saturation moyenne et une clarté élevée.
Le mot a d’ailleurs deux usages. Dans la tradition française, le rose désigne les rouges lavés de blanc. Dans la mode et l’informatique, il désigne aussi des couleurs vives situées entre le rouge et le violet, comme le fuchsia ou le magenta. Le Colour Index lui-même range les pigments vendus comme « rose » tantôt parmi les rouges, tantôt parmi les violets.
| Modèle | Comment on obtient un rose |
|---|---|
| Peintres | Rouge + blanc, éventuellement rabattu |
| Impression (cyan, magenta, jaune) | Magenta, avec ou sans jaune, imprimé en faible densité sur papier blanc |
| Écrans (rouge, vert, bleu) | Rouge fort, vert et bleu plus faibles, par exemple #DE9AA3 |
Dans la famille, trois nuances balisent le territoire : le rose poudré, doux et grisé ; le rose corail, chaud et lumineux ; le magenta, vif et froid, à la frontière du violet.
Les pigments qui font les roses
- Quinacridones. Ce sont les pigments roses modernes par excellence. Le PV19 existe en nuance claire (rouge rose, magenta) et foncée (rouge violet) ; le PR122 donne un magenta vif, considéré comme la meilleure référence du magenta ; le PV42 est un rose de quinacridone plus terne. Très transparents et colorants, ils donnent des roses limpides une fois mêlés de blanc.
- Rouges chauds (cadmium, pyrrole, naphtol). Mêlés de blanc, ils donnent des roses saumon, pêche et corail. Leurs caractéristiques sont détaillées dans le pilier rouge.
- Ocre rouge et oxyde de fer rouge. Mêlés de blanc, ils donnent des roses terreux, argile ou terre cuite pâle, très doux.
- Laques historiques. Le mot anglais pink désignait à l’origine des pigments-laques, souvent des rouges transparents à base de garance ou de cochenille. Les colorants d’aniline, au XIXe siècle, ont ensuite permis des roses beaucoup plus vifs.
Pour un mur, vous choisirez une teinte dans un nuancier plutôt qu’un pigment. La logique reste la même : un rose de décoration est un rouge plus ou moins éclairci, puis plus ou moins rabattu, et son caractère dépend du rouge de départ.
Réussir un mélange rose
- Partez du blanc. Mettez une base de blanc sur la palette. Les rouges, et surtout les quinacridones, sont très colorants : ajouter le blanc au rouge demanderait d’énormes quantités.
- Choisissez le rouge selon le rose visé. Rouge chaud pour un rose saumon ou corail ; quinacridone ou magenta pour un rose frais ou fuchsia ; ocre rouge pour un rose terre.
- Ajoutez le rouge par touches minuscules et mélangez longuement, jusqu’à disparition des traînées.
- Ajustez la température et la saturation (voir plus bas), puis faites un échantillon sec.
Le blanc de titane, opaque, donne des roses couvrants ; le blanc de zinc, transparent, des roses plus légers. Golden conseille le titane pour les pastels clairs et le zinc pour les teintes subtiles.
Nuancer un rose
Plus clair ou plus soutenu
Plus de blanc éclaircit ; plus de rouge rend le rose plus soutenu, jusqu’à redevenir un rouge. Pour un rose profond qui ne vire pas au rouge, utilisez un magenta ou une quinacridone foncée.
Rabattre : le rose poudré et le vieux rose
C’est la demande la plus fréquente en décoration. Ajoutez au rose une pointe de sa complémentaire, un vert, ou une touche de gris ou de terre d’ombre. Golden rappelle qu’ajouter la complémentaire d’une couleur réduit sa saturation. Le rose devient alors poudré, cendré, « vieux rose ».
Réchauffer
Une pointe de jaune, d’orangé ou d’ocre pousse le rose vers la pêche, le saumon et le corail.
Refroidir
Une pointe de magenta, ou une infime touche de bleu, emmène le rose vers le framboise, puis le rose lilas. Au-delà, il devient mauve.
Quatre roses courants, pas à pas
Rose pâle
Ajoutez le rouge en quantité infime à beaucoup de blanc. Avec une quinacridone, très colorante, une trace suffit. Pour un rose pâle moins sucré, ajoutez ensuite un soupçon de gris ou de terre d’ombre.
Rose saumon ou corail
Partez d’une base de blanc et ajoutez un rouge chaud (cadmium, pyrrole, naphtol), puis une pointe de jaune ou d’orangé. Plus d’orangé donne un corail plus vif, plus de blanc un saumon pâle. Le rose corail détaille ces pistes.
Rose fuchsia
Partez d’un magenta ou d’une quinacridone et ajoutez peu de blanc : le fuchsia est un rose très saturé. Un rouge orangé ne permettra pas d’y arriver.
Vieux rose
Partez d’un rose moyen, rabattez-le avec une pointe de terre d’ombre ou de vert, et réchauffez éventuellement avec un soupçon d’ocre. Le résultat doit rester rose, mais légèrement éteint.
Les erreurs les plus fréquentes
- Partir du rouge et ajouter du blanc. Vous gaspillerez beaucoup de peinture pour un résultat difficile à maîtriser. Partez du blanc.
- Choisir un rouge orangé pour un rose frais. Le rouge chaud donne un rose saumon. Pour un rose bonbon ou fuchsia, il faut un rouge bleuté ou un magenta.
- Garder un rose trop sucré. Un rose très saturé sur un mur entier peut sembler artificiel. Une pointe de vert ou de gris le rend plus facile à vivre.
- Rabattre au noir. Le noir donne vite un rose grisâtre, un peu terne. La complémentaire ou une terre gardent plus de chaleur.
- Ignorer la lumière. Deux roses identiques le jour peuvent se distinguer le soir, sous une lampe : c’est le métamérisme. Vérifiez votre échantillon aux deux moments.
Accorder le rose
Le camaïeu de roses, du bordeaux sombre au rose très pâle, crée des ensembles doux et enveloppants.
-
Rouge prune
#4D1920 -
Framboise sombre
#94303E -
Vieux rose soutenu
#C95A68 -
Rose
#DE9AA3 -
Rose très pâle
#F7E8EA
La complémentaire du rose est un vert d’eau. Rabattue (même teinte, saturation réduite de moitié, plus sombre), elle forme avec le rose un accord apaisé, qu’un gris perle relie.
#DE9AA3
#568F88
#CFCDC6
Le rose dans une pièce
Poudré, terreux ou cendré, le rose convient aussi bien à un salon, une cuisine ou une salle de bains qu’à une chambre. Tout dépend de sa saturation.
- Les roses rabattus d’abord. Rose poudré, rose argile, vieux rose se vivent bien sur de grandes surfaces. Les roses vifs (fuchsia, bonbon) se réservent aux accents.
- Selon l’orientation. Benjamin Moore note que les roses chauds accompagnent bien la lumière du matin, dans une pièce à l’est. Au nord, un rose à sous-ton chaud (saumon, argile) résiste mieux à la lumière froide qu’un rose bleuté. Au sud, où la lumière est plus chaude et parfois intense, les roses cendrés ou poudrés, plus gris, restent calmes.
- Avec les blancs. Un rose pâle à côté d’un blanc très froid peut paraître plus soutenu qu’on ne l’attendait, par contraste. Associez-le plutôt à un blanc cassé chaud, ou testez les deux côte à côte.
- Avec les matières. Terre cuite, lin naturel, bois clair, laiton et marbre s’accordent avec les roses poudrés. Le vert sauge, le vert d’eau et le gris en sont les compagnons naturels.
Vérifiez l’effet sur une pièce entière avec le Simulateur d’ambiance : un rose qui paraît pâle sur un nuancier peut devenir beaucoup plus présent sur quatre murs.
Questions fréquentes
Comment faire du rose ?
Ajoutez du rouge à une base de blanc, par petites touches, jusqu’à la teinte souhaitée. Le rouge choisi détermine le caractère du rose : chaud (saumon, corail) ou froid (framboise, fuchsia).
Comment faire du rose sans blanc ?
En peinture murale ou couvrante, c’est difficile : le rose est par définition un rouge éclairci. Avec une peinture transparente (aquarelle, glacis), on peut diluer un rouge et laisser le blanc du support éclaircir la teinte. Sinon, un pigment rose ou magenta tout prêt fait l’affaire.
Comment faire du rose poudré ?
Préparez un rose clair, puis rabattez-le avec une infime pointe de vert, de gris ou de terre d’ombre. Le rose poudré détaille ces pistes.
Quelle couleur va avec le rose ?
Sa complémentaire, un vert, est l’accord le plus naturel : vert sauge, vert d’eau ou vert olive pour les roses poudrés. Les gris chauds, le blanc cassé, la terre cuite et le bois clair complètent l’ensemble. Pour un rose vif, un vert profond ou un bleu marine donnent du caractère.
Pourquoi mon rose tire-t-il sur l’orange ?
Votre rouge de départ est probablement un rouge chaud, qui contient une part de jaune. Pour un rose plus frais, changez de rouge (quinacridone, magenta) ou ajoutez une infime touche de magenta pour compenser.
Les nuances de rose détaillées
Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.
Travailler le rose dans le Studio
Sources consultées
- Rose (couleur) — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Rouge — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Quinacridone — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Color Mixing Guide | Golden Artist Colors goldenartistcolors.com
- Synthèse soustractive — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Blanc — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Ocre — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Couleur complémentaire — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Michel-Eugène Chevreul — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Metamerism (color) — Wikipedia en.wikipedia.org
- How light affects colour (Benjamin Moore) benjaminmoorepaint.co.uk