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Jaune

Primaire en peinture, le jaune ne se fabrique pas : il se choisit. Tout se joue ensuite sur la nuance, du citron acidulé à l’ocre moutarde.

HEX
#E3B23C
RGB
rgb(227, 178, 60)
HSL
hsl(42, 75 %, 56 %)
Maison en pierre et terrasse ombragée avec table en bois
  1. #FBF5E7
  2. #F6E4C1
  3. #F0D49A
  4. #E9C370
  5. #E3B23CRéférence
  6. #B69138
  7. #8C7132
  8. #63532B
  9. #3E3722

Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.

Sommaire 8 parties

On ne peut pas faire du jaune en mélangeant d’autres peintures : le jaune est une couleur primaire, aussi bien pour les peintres (rouge, jaune, bleu) que pour l’imprimerie (cyan, magenta, jaune). Aucun mélange de pigments d’autres couleurs ne le produit. Il faut donc partir d’un pigment jaune, puis le nuancer : du blanc pour un jaune pâle, une terre ou une pointe de violet pour un jaune moutarde, un peu d’orangé pour un jaune d’or. Seule exception apparente : sur un écran, le jaune s’obtient en additionnant des lumières rouge et verte, ce qui ne vaut pas pour la peinture.

Pourquoi le jaune ne se fabrique pas

En peinture, chaque pigment absorbe une partie de la lumière. Mélanger deux pigments, c’est cumuler leurs absorptions : le résultat est plus sombre et moins saturé. Or le jaune est une couleur très claire, qui absorbe surtout le bleu et renvoie le rouge et le vert. Aucun mélange d’autres pigments ne peut retrouver cette clarté et cette pureté.

L’écran fonctionne à l’inverse : il additionne des lumières. Rouge et vert à pleine intensité donnent du jaune (#FFFF00). C’est pourquoi on lit parfois que « rouge et vert font du jaune » : c’est exact pour la lumière, faux pour la peinture, où le rouge et le vert mélangés donnent un brun ou un gris.

Modèle Statut du jaune Comment on l’obtient
Peintres (rouge, jaune, bleu) Primaire Par un pigment jaune
Impression (cyan, magenta, jaune) Primaire Encre jaune
Écrans (rouge, vert, bleu) Secondaire Lumière rouge + lumière verte

Sur le cercle chromatique, le jaune se situe entre l’orangé et le vert. Ses nuances les plus orangées sont dites « jaune d’or », les plus verdâtres « jaune citron » ou « jaune soufre ». Sa complémentaire se trouve, selon la nuance, dans les bleus-violets ou les violets.

Dans la famille, le jaune canari incarne le jaune clair et franc, le jaune soleil un jaune plus chaud, et le jaune moutarde un jaune rabattu, tirant vers l’ocre.

Les pigments jaunes à connaître

Sur un tube d’artiste, les jaunes portent le préfixe PY (pigment yellow) du Colour Index.

  • Ocre jaune (PY43). Argile colorée par un hydroxyde de fer, la goethite. Utilisée depuis la préhistoire, encore extraite en France, notamment en Vaucluse. Les fabricants lui substituent souvent un oxyde de fer jaune synthétique (PY42). Jaune chaud et sourd ; comme les pigments minéraux en général, il couvre bien.
  • Jaunes de cadmium (PY35, PY37). Du citron au jaune foncé, vifs et solides, employés par les peintres dès le XIXe siècle. Les composés du cadmium sont toxiques : voir l’encadré.
  • Jaunes arylides ou « Hansa » (PY3, PY74, PY97…). Pigments organiques découverts en Allemagne en 1909, généralement semi-transparents. Ils ont en partie remplacé le jaune de cadmium.
  • Vanadate de bismuth (PY184). Jaune vif, légèrement verdâtre, très couvrant, d’usage courant depuis le milieu des années 1980.
  • Jaunes benzimidazolone. Golden en a fait le jaune de base de sa gamme de mélange, aux côtés d’un magenta et d’un bleu de phtalocyanine.

Pour un mur, ces noms ne figurent pas sur le pot. Retenez la logique : les jaunes « terre » (ocres) sont doux et couvrants, les jaunes de synthèse sont plus éclatants mais parfois moins couvrants.

Choisir le bon jaune de départ

Puisque le jaune ne se fabrique pas, tout commence par le choix de la base. Trois questions suffisent.

  1. Quelle température ? Un jaune citron, qui tire vers le vert, donne des nuances fraîches et acidulées. Un jaune moyen ou un jaune d’or, qui tire vers l’orangé, donne des nuances chaudes et solaires.
  2. Quelle intensité ? Pour un jaune éclatant, il faut un pigment de synthèse (arylide, vanadate de bismuth, cadmium). Pour un jaune doux, ancien, une ocre jaune donne d’emblée la bonne retenue.
  3. Quel support ? Sur un fond sombre ou coloré, un jaune transparent ou semi-transparent laissera deviner le fond. Un pigment couvrant, ou une sous-couche claire selon les recommandations du fabricant, règle le problème.

Une fois la base choisie, on la travaille par petites corrections, comme ci-dessous.

Nuancer un jaune

Le jaune est délicat : très clair, il se « salit » au moindre ajout. Procédez par quantités infimes, sur une petite portion, et jugez sur un échantillon sec.

Éclaircir

Le blanc donne des jaunes pâles, beurre, vanille ou paille. Le blanc de titane, opaque, donne des pastels couvrants ; le blanc de zinc, transparent, des teintes plus légères. Un jaune citron éclairci paraît plus froid qu’un jaune moyen éclairci.

Assombrir

C’est la difficulté du jaune : très assombri, il cesse d’être perçu comme un jaune. En fonçant, il devient ocre, moutarde, kaki ou brun doré. Les pistes les plus sûres sont l’ocre jaune ou la terre de Sienne naturelle, ou une pointe de sa complémentaire, le violet. Le noir assombrit, mais il éteint vite le jaune et peut en modifier la teinte : testez-le en dernier.

Rabattre

Une pointe de violet ou de terre d’ombre calme un jaune trop vif et l’emmène vers le moutarde ou le jaune grisé. Golden note que l’ocre jaune réchauffe les mélanges tout en apaisant les couleurs les plus vives.

Réchauffer ou refroidir

Une pointe d’orangé ou de rouge réchauffe le jaune vers le jaune d’or et le safran. Pour le refroidir, prenez un jaune citron plutôt que d’ajouter du bleu : le bleu fait immédiatement basculer vers le vert, puisque jaune et bleu donnent du vert en peinture.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Chercher un mélange pour faire du jaune. Aucune combinaison de rouge, de bleu ou de vert ne fonctionnera en peinture. La formule « rouge + vert = jaune » ne vaut que pour la lumière.
  • Foncer un jaune au noir. Le résultat est souvent terne et sa teinte peut dériver. Préférez une terre jaune ou une pointe de violet.
  • Ajouter du bleu pour « rafraîchir ». Vous obtiendrez un vert. Pour un jaune plus frais, changez de jaune.
  • Juger un jaune dans le pot. Un jaune vif, sur quatre murs, paraît beaucoup plus intense que sur un nuancier. Faites un grand échantillon.
  • Oublier la couvrance. Certains jaunes, notamment organiques, couvrent mal sur un fond sombre ou contrasté. Prévoyez des couches supplémentaires ou une sous-couche adaptée, selon la fiche technique du produit.

Accorder le jaune

Le camaïeu de jaunes va de l’ocre brun au jaune paille. C’est une base chaleureuse et facile à vivre.

Monochrome autour du jaune (même teinte, clartés différentes)
  • Ocre brun #59430D
  • Ocre doré #A37A17
  • Jaune #E3B23C
  • Jaune paille #ECCA78
  • Jaune pâle #F6E7C2

L’accord complémentaire associe le jaune à un bleu-violet. Rabattu et assombri, ce bleu devient un fond profond sur lequel le jaune ressort ; un gris clair chaud fait la transition.

Complémentaire rabattue : jaune, bleu-violet profond et gris perle
  • Jaune #E3B23C
  • Bleu-violet rabattu #304169
  • Gris perle #CFCDC6

Le jaune dans une pièce

Le jaune est la plus claire des couleurs vives : il réfléchit beaucoup de lumière et éclaire une pièce sombre. C’est aussi une couleur chaude, qui semble avancer.

  • Pièces au nord. La lumière y est froide et indirecte. Benjamin Moore y recommande des couleurs à sous-ton jaune ou rouge : un jaune doux ou un ocre clair compense cette froideur.
  • Pièces à l’est. Le fabricant note que les roses et les jaunes chauds accompagnent bien la lumière du matin.
  • En grand aplat. Un jaune très saturé sur toute une pièce devient vite envahissant. Les jaunes pâles, paille ou ocrés sont plus faciles à vivre ; le jaune vif se réserve volontiers à un accent.
  • Avec les matières. Bois blond, chêne, rotin, terre cuite et lin écru accompagnent les jaunes chauds. Le gris et le bleu profond en font ressortir l’éclat.

Comparez plusieurs jaunes sur les murs d’une même pièce dans le Simulateur d’ambiance avant de peindre un échantillon.

Questions fréquentes

Comment faire du jaune ?

En peinture, on ne le fait pas : on l’achète ou on le choisit dans un nuancier, car le jaune est une couleur primaire. On peut ensuite l’éclaircir au blanc, le réchauffer avec un peu d’orangé ou le rabattre avec une terre.

Comment faire du jaune avec d’autres couleurs ?

C’est impossible avec des pigments. Sur un écran, en revanche, la lumière rouge et la lumière verte s’additionnent en jaune : c’est la synthèse additive, qui ne s’applique pas aux peintures.

Comment faire du jaune moutarde ?

Partez d’un jaune moyen, puis rabattez-le avec de l’ocre jaune ou une pointe de terre, et éventuellement une touche de violet. Le jaune moutarde détaille ces pistes.

Comment faire du jaune pâle ?

Ajoutez un peu de jaune à une base de blanc, et non l’inverse. Un jaune citron donne un pâle frais ; un jaune moyen, un pâle plus beurré.

Jaune citron ou jaune moyen : lequel choisir ?

Le jaune citron, verdâtre, sert à mélanger des verts vifs et des jaunes frais. Le jaune moyen ou chaud convient aux oranges et aux jaunes dorés. Si vous ne devez en avoir qu’un, le choix dépend des mélanges que vous visez.

Les nuances de jaune détaillées

Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.