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Blanc

Le blanc ne se fabrique pas : il se choisit. Tout le travail consiste ensuite à le nuancer, d’une pointe de terre ou de bleu, pour obtenir le blanc juste.

HEX
#F4F1EA
RGB
rgb(244, 241, 234)
HSL
hsl(42, 31 %, 94 %)
Escalier maçonné aux murs chaulés baigné de soleil
  1. #FDFDFC
  2. #FBFAF8
  3. #F9F7F3
  4. #F6F4EE
  5. #F4F1EARéférence
  6. #C3C2BB
  7. #95948F
  8. #696965
  9. #40423E

Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.

Sommaire 8 parties

On ne peut pas faire du blanc en mélangeant d’autres couleurs de peinture. Chaque pigment absorbe une partie de la lumière ; en mélangeant des couleurs, on en absorbe davantage, et le résultat est toujours plus sombre que ses composants, jamais plus clair. Pour obtenir du blanc en peinture, il faut donc partir d’un pigment blanc : aujourd’hui le blanc de titane, très couvrant, ou le blanc de zinc, plus transparent. Ce qu’on peut faire, en revanche, c’est nuancer ce blanc : une pointe d’ocre pour un blanc crème, de terre d’ombre pour un blanc lin, de bleu pour un blanc froid. Seule exception : sur un écran, le blanc s’obtient en additionnant les lumières rouge, verte et bleue à pleine intensité (#FFFFFF), ce qui ne vaut pas pour la peinture.

Pourquoi aucun mélange ne donne du blanc

Un objet blanc renvoie, dans toutes les directions, presque toute la lumière qu’il reçoit, sans en privilégier aucune couleur. Une peinture colorée, elle, en absorbe une partie : c’est ce qui la colore. En peinture, les mélanges fonctionnent par soustraction : chaque pigment ajouté retire un peu plus de lumière. Mélanger les trois primaires donne, à la limite, du noir ou un brun sombre, et non du blanc.

L’écran fonctionne à l’inverse. Il additionne des lumières : rouge, vert et bleu à pleine intensité donnent du blanc. C’est pourquoi on lit parfois que « toutes les couleurs mélangées font du blanc » : c’est vrai pour la lumière, faux pour la matière.

Modèle Le blanc, c’est…
Peinture (pigments) Un pigment blanc, qu’aucun mélange ne remplace
Impression (cyan, magenta, jaune) Le papier : les encres, transparentes, n’agissent que sur un support blanc
Écran (rouge, vert, bleu) Les trois lumières à pleine intensité : #FFFFFF

En aquarelle, dont les couleurs sont transparentes, c’est d’ailleurs le blanc du papier, laissé vierge, qui joue souvent le rôle du blanc.

Les pigments blancs, d’hier et d’aujourd’hui

Pigment Composition Caractère et usage
Blanc de titane (PW6) Dioxyde de titane Très opaque ; brevet de fabrication industrielle déposé en 1917 ; opacifiant très utilisé dans les peintures, il a remplacé la céruse
Blanc de zinc (PW4) Oxyde de zinc Employé depuis la fin du XVIIIe siècle ; transparent, idéal pour des teintes délicates et des glacis
Lithopone Sulfure de zinc et sulfate de baryum Découvert dans les années 1870, utilisé surtout dans les peintures ; pic de popularité vers 1920
Blanc de Meudon (PW18) Craie, surtout du carbonate de calcium Charge des apprêts (gesso, dorure à la détrempe) et des gouaches
Chaux Chaux aérienne Base blanche des badigeons ; son pouvoir blanc limite la saturation des teintes
Céruse, ou blanc de plomb (PW1) Carbonate basique de plomb Utilisée depuis l’Antiquité, toxique ; aujourd’hui réservée aux restaurateurs d’œuvres d’art

Golden résume l’essentiel pour qui mélange : le blanc de titane, opaque, sert à créer des pastels clairs ; le blanc de zinc, très transparent, sert aux teintes subtiles et aux glacis, et n’augmente guère l’opacité d’une couleur transparente.

Le blanc de plomb : un héritage dangereux

La céruse a longtemps été le seul blanc vraiment couvrant. Sa toxicité, connue dès l’époque romaine, a été établie au XVIIIe siècle. En France, la loi du 20 juillet 1909 en a interdit l’emploi dans les travaux de peinture, avec une application repoussée à 1915 ; une convention de l’Organisation internationale du travail l’a visée en 1921. Les peintures anciennes en contiennent pourtant encore, notamment dans les logements construits avant 1949.

Obtenir un blanc nuancé

Un blanc pur, très fortement éclairé, peut éblouir ; c’est l’une des raisons d’être des blancs cassés. La méthode est toujours la même : partir du blanc et ajouter une trace de couleur, si peu qu’on la devine à peine.

  1. Mettez une grande quantité de blanc sur la palette ou dans le pot de test.
  2. Ajoutez une trace de la couleur choisie, à la pointe du couteau ou du pinceau.
  3. Mélangez longuement et comparez à un blanc pur, posé à côté.
  4. Recommencez par toutes petites étapes : un blanc nuancé bascule vite en beige, en gris ou en pastel.
  5. Faites un grand échantillon sec, dans la pièce, avant de produire la quantité nécessaire.

Les principales directions :

  • Blanc chaud, crème ou ivoire : une trace d’ocre jaune. Le blanc crème détaille ces pistes.
  • Blanc lin, blanc grisé : une trace de terre d’ombre ou de gris. On rejoint vite le gris perle, puis les gris clairs.
  • Blanc rosé, blanc poudré : une trace d’ocre rouge ou de terre de Sienne brûlée.
  • Blanc froid : une trace de bleu (outremer) ou de noir. C’est le principe de l’azurage du linge : un peu de bleu fait paraître un blanc plus blanc.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Chercher à fabriquer du blanc par mélange. C’est physiquement impossible avec des pigments. Partez d’une peinture blanche.
  • Réchauffer un blanc avec du jaune vif. On obtient vite un jaune pâle. Une ocre, plus sourde, donne un blanc crème plus naturel.
  • Ajouter trop de couleur d’un coup. Un blanc nuancé demande des quantités infimes. Si la couleur se « voit », vous êtes déjà dans un pastel.
  • Comparer des blancs sans référence. Les blancs se jugent mal isolément. Posez toujours vos échantillons à côté d’un blanc franc et des éléments qui resteront dans la pièce.
  • Poncer de vieilles peintures sans précaution. Avant 1949, elles peuvent contenir du plomb : voir l’encadré ci-dessus.

Accorder le blanc

Les blancs se marient entre eux : un blanc chaud au mur, un blanc plus froid au plafond, un gris clair aux menuiseries. Ici, le blanc froid est construit par une règle simple : même saturation et même clarté que le blanc de référence, teinte opposée sur le cercle chromatique.

Blancs chauds et froids : crème, blanc de référence, blanc froid et gris perle
  • Blanc crème #F3E9CF
  • Blanc #F4F1EA
  • Blanc froid #EAEDF4
  • Gris perle #CFCDC6

Le blanc révèle aussi les contrastes de clarté : avec un gris moyen et un bleu marine, il structure une pièce.

Contraste de clarté : blanc, gris et bleu marine profond
  • Blanc #F4F1EA
  • Gris #8D8D88
  • Bleu marine profond #1C2541

Choisir un blanc pour un mur

Il n’existe pas de blanc universel : chaque blanc est révélé, ou trahi, par la lumière.

  • Pièces au nord. La lumière est indirecte et froide ; un blanc froid peut y paraître gris ou terne. Benjamin Moore conseille au nord des sous-tons chauds : un blanc crème ou ivoire est plus accueillant.
  • Pièces au sud. La lumière, plus chaude et intense à midi, s’accommode bien de blancs plus neutres ou légèrement froids.
  • Pièces à l’ouest. La lumière de fin d’après-midi est douce ; Benjamin Moore cite les crèmes parmi les teintes qui l’accompagnent bien.
  • Lumière artificielle. Deux blancs identiques le jour peuvent se séparer le soir sous une lampe : c’est le métamérisme. Regardez vos échantillons aux deux moments.
  • Finition. Les blancs existent en mat, satiné, brillant ou nacré : la finition modifie la façon dont la lumière se reflète, donc la perception du blanc.
  • Grands échantillons. Peignez de larges carrés sur plusieurs murs et vivez avec quelques jours, comme le recommandent les fabricants.

Le Simulateur d’ambiance permet de comparer plusieurs blancs sur une même pièce avant de passer aux échantillons.

Questions fréquentes

Comment faire du blanc en peinture ?

On ne le fait pas par mélange : on part d’une peinture ou d’un pigment blanc (blanc de titane le plus souvent). On peut ensuite le nuancer avec une trace d’ocre, de terre d’ombre ou de bleu pour obtenir un blanc crème, lin ou froid.

Peut-on faire du blanc avec d’autres couleurs ?

Avec des peintures, non : tout mélange de pigments absorbe plus de lumière et assombrit. Avec des lumières, oui : rouge, vert et bleu additionnés à pleine intensité donnent du blanc, c’est le principe des écrans.

Comment faire du blanc cassé ?

Ajoutez à un blanc une trace d’ocre jaune (blanc cassé chaud), de terre d’ombre (blanc cassé grisé) ou de gris, par toutes petites quantités, jusqu’à ce que le blanc perde son éclat sans devenir beige.

Blanc de titane ou blanc de zinc : lequel choisir ?

Le blanc de titane, très opaque, couvre et éclaircit franchement : c’est le blanc des pastels et des peintures murales. Le blanc de zinc, transparent, éclaircit en douceur et convient aux glacis et aux teintes délicates, surtout en peinture d’art.

Comment faire du blanc sur un ordinateur ?

En RVB, réglez les trois composantes au maximum : #FFFFFF, soit rouge 255, vert 255, bleu 255. Pour un blanc cassé, baissez légèrement une ou deux composantes, par exemple #F4F1EA.

Les nuances de blanc détaillées

Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.