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Rouge

Primaire pour le peintre, le rouge se choisit plus qu’il ne se fabrique. Tout l’art consiste ensuite à le nuancer : plus chaud, plus profond, plus sourd.

HEX
#B3322A
RGB
rgb(179, 50, 42)
HSL
hsl(4, 62 %, 43 %)
Enduit lissé couleur terre cuite
  1. #F8E3E0
  2. #EBB9B1
  3. #DB8E84
  4. #C86358
  5. #B3322ARéférence
  6. #923027
  7. #732D24
  8. #552820
  9. #38221C

Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.

Sommaire 7 parties

Pour faire du rouge en peinture, partez d’un pigment rouge : dans le système traditionnel des peintres (rouge, jaune, bleu), le rouge est une couleur primaire, qu’aucun mélange d’autres couleurs ne reproduit avec le même éclat. On peut seulement s’en approcher avec un magenta et un jaune, mais le résultat est plus terne. Le vrai travail commence ensuite : un rouge se réchauffe avec une pointe de jaune, se refroidit vers le cramoisi avec un rouge bleuté, s’assombrit en bordeaux et s’éclaircit… en rose, dès qu’on ajoute du blanc.

Où se place le rouge : cercle des peintres, encres et écrans

Sur le cercle chromatique, les rouges occupent la zone vive comprise entre l’orangé et les pourpres. Selon le modèle de couleur utilisé, leur statut change, et c’est la source de beaucoup de confusions.

Modèle Statut du rouge Comment on l’obtient
Peintres (rouge, jaune, bleu) Primaire Par un pigment rouge, pas par mélange
Impression (cyan, magenta, jaune) Secondaire Magenta + jaune
Écrans (rouge, vert, bleu) Primaire Lumière rouge seule, par exemple #FF0000

Le modèle rouge-jaune-bleu est une convention d’atelier ancienne, encore très utilisée, mais imparfaite. Les encres de l’imprimerie montrent qu’un magenta et un jaune produisent bien des rouges. En peinture, ce mélange reste toutefois moins vif qu’un pigment rouge pur, car un mélange de deux couleurs est toujours moins saturé que ses composants. Si vous avez un tube de magenta (quinacridone) et un tube de jaune, vous obtiendrez donc un rouge utilisable, pas un rouge éclatant.

La couleur opposée au rouge, sa complémentaire, se situe dans les bleus-verts. C’est elle qui sert à rabattre un rouge trop criard, et c’est elle qui le fait vibrer quand on la place à côté.

Au sein de la famille, les nuances se déploient dans deux directions : vers l’orangé (le rouge vermillon, chaud et lumineux) et vers le bleu (le rouge cramoisi, plus froid). Assombri en tirant vers le pourpre, le rouge devient bordeaux.

Les pigments qui font les rouges

Sur un tube d’artiste, le pigment est désigné par un code du Colour Index : les rouges commencent par PR (pigment red). Lire ce code permet de savoir ce que contient vraiment une couleur, quel que soit son nom commercial.

  • Rouges de cadmium (PR108). Sulfoséléniures de cadmium, commercialisés vers 1910. Vifs, purs, opaques, du rouge-orangé au rouge profond. Les composés du cadmium sont toxiques : voir l’encadré plus bas.
  • Rouge de pyrrole (PR254). Pigment organique de synthèse, semi-opaque, très solide à la lumière ; il est utilisé dans les peintures automobiles. Golden le décrit comme un rouge très net et lumineux.
  • Rouges naphtol (par exemple PR112). Pigments organiques courants dans les gammes d’artiste.
  • Rouge de quinacridone (PR209) et quinacridones voisines (PV19). Très transparents, à fort pouvoir colorant, ils tirent vers le violet. Ce sont eux qui donnent les rouges froids et les cramoisis.
  • Oxyde de fer rouge (PR101) et ocre rouge (PR102). Le « rouge anglais » et les ocres rouges sont des rouges terreux, tirant vers le brun. L’ocre rouge est l’un des plus anciens pigments connus.
  • Vermillon (PR106). Sulfure de mercure, utilisé depuis l’Antiquité. Toxique et sujet au noircissement, il a été remplacé par les rouges de cadmium au début du XXe siècle. Le nom « vermillon » désigne aujourd’hui souvent des pigments de substitution.

Pour un mur, vous ne choisirez pas un pigment mais une teinte dans un nuancier. Les mêmes logiques s’appliquent pourtant : un rouge à base terreuse sera plus sourd et plus couvrant qu’un rouge organique éclatant.

Nuancer un rouge sans le salir

Toutes les corrections se font en ajoutant peu à la fois, sur une petite quantité, et en notant ce que vous faites. Jugez toujours sur un échantillon sec, jamais sur la peinture fraîche dans le pot.

Éclaircir

Ajouter du blanc à un rouge ne donne pas un « rouge clair » : cela donne du rose. Le rose est précisément un rouge lavé de blanc. Le blanc de titane, très opaque, produit des roses couvrants ; le blanc de zinc, transparent, donne des teintes plus délicates. Si vous voulez un rouge plus lumineux sans le rosir, glissez plutôt vers l’orangé avec un rouge plus chaud ou une pointe de jaune.

Assombrir

Le noir assombrit, mais il éteint vite un rouge et peut le faire virer au brun. Les peintres préfèrent souvent « rompre » une couleur avec sa complémentaire : une pointe de vert, ou de bleu-vert, fonce et calme le rouge. Pour un rouge profond tirant vers le pourpre, ajoutez un rouge froid (quinacridone) ou une touche de bleu, très progressivement.

Rabattre

Pour un rouge plus sourd, type rouge brique ou rouge sang séché, ajoutez une petite quantité de sa complémentaire, ou une terre (ocre rouge, terre de Sienne brûlée). Golden note qu’ajouter la complémentaire d’une couleur réduit sa saturation ; un gris neutre de même clarté permet de baisser la saturation sans changer la valeur.

Réchauffer ou refroidir

Réchauffer, c’est ajouter une pointe de couleur chaude : un peu de jaune ou d’orangé pousse le rouge vers le vermillon. Refroidir, c’est l’inverse : un rouge bleuté ou une pointe de magenta l’emmène vers le cramoisi, puis le framboise. Le bleu refroidit aussi, mais il fait vite basculer vers le violet ou le brun.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Chercher à fabriquer un rouge vif. Sans pigment rouge, vous n’obtiendrez qu’une approximation. Commencez par le bon tube ou la bonne teinte de base.
  • Foncer au noir. Le bordeaux obtenu au noir paraît souvent sale. Essayez d’abord un rouge plus froid, puis la complémentaire.
  • Éclaircir au blanc en espérant garder le rouge. Le résultat sera rose. C’est logique, mais c’est la surprise la plus courante.
  • Mélanger un rouge orangé avec un bleu pour faire du violet. Le rouge orangé contient déjà du jaune, complémentaire du violet : le mélange tourne au brun. Le pilier violet détaille le bon choix de pigments.
  • Sous-estimer la transparence. Les rouges organiques (quinacridones notamment) sont modérément couvrants. Selon le produit, il faudra davantage de couches ou une sous-couche adaptée : suivez la fiche technique du fabricant.
  • Juger sur un code ou un écran. Le code HEX ci-dessus est une référence numérique, pas une formule. Validez toujours sur un échantillon sec, dans la pièce.

Accorder le rouge

Le rouge est une couleur qui domine. Deux familles d’accords fonctionnent bien et se construisent avec des règles simples.

Le camaïeu garde une seule teinte et joue sur la clarté. Il donne des ensembles profonds et cohérents, du rouge très sombre au rose pâle.

Monochrome autour du rouge (même teinte, clartés différentes)
  • Rouge très sombre #370F0D
  • Rouge sombre #7C231D
  • Rouge #B3322A
  • Rouge éclairci #DB6E68
  • Rose pâle #ECB0AC

L’accord complémentaire oppose le rouge à un bleu-vert. En décoration, la complémentaire pure serait trop vive face au rouge ; on la rabat (même teinte, saturation réduite de moitié, plus sombre) et on ajoute un blanc chaud pour respirer.

Complémentaire rabattue : rouge, bleu-vert sourd et blanc crème
  • Rouge #B3322A
  • Bleu-vert rabattu #356164
  • Blanc crème #F3E9CF

Juxtaposées, deux complémentaires se rendent mutuellement plus intenses : c’est la loi du contraste simultané décrite par Chevreul. Utilisez-la pour un accent (une porte, une niche, un meuble), plutôt que sur deux grands murs face à face.

Le rouge dans une pièce

Le rouge est une couleur chaude ; comme les teintes chaudes et vives, il semble avancer vers l’œil. Un mur rouge rapproche donc visuellement la paroi et resserre l’espace. C’est un atout dans une salle à manger ou une entrée qu’on veut enveloppantes, moins dans une petite chambre.

  • Selon l’orientation. Dans une pièce au nord, la lumière est indirecte et plutôt froide ; le fabricant Benjamin Moore y conseille des teintes saturées à sous-ton chaud, ce qui réussit aux rouges. Au sud, la lumière plus chaude peut devenir intense à midi : un rouge plus sourd ou plus profond y reste plus calme.
  • En surface partielle. Un soubassement, un mur de fond, l’intérieur d’une bibliothèque ou une porte suffisent souvent à donner du caractère sans saturer la pièce.
  • Avec les matières. Les rouges terreux s’accordent naturellement avec la terre cuite, le bois ciré, le lin brut et la chaux. Les rouges froids se marient mieux avec des gris, du laiton ou du marbre clair.

Pour voir l’effet sur une pièce entière avant de peindre, essayez votre teinte dans le Simulateur d’ambiance, puis sur un grand échantillon au mur.

Questions fréquentes

Comment faire du rouge sans peinture rouge ?

Avec un magenta (par exemple une quinacridone) et un jaune, vous obtiendrez un rouge, comme en imprimerie. Il sera moins éclatant qu’un pigment rouge pur, car tout mélange perd en saturation. Avec un bleu et un jaune, en revanche, aucun rouge n’est possible.

Comment faire un rouge foncé ?

Partez d’un rouge froid et profond, puis ajoutez par petites touches une pointe de complémentaire (vert ou bleu-vert) ou de bleu. Évitez de compter sur le noir seul, qui ternit vite. Le rouge bordeaux est l’aboutissement de cette direction.

Comment faire un rouge brique ?

Un rouge brique est un rouge rabattu et chaud. Partez d’un rouge, ajoutez une terre (ocre rouge, oxyde de fer rouge, terre de Sienne brûlée) et, si besoin, une pointe de complémentaire. Testez sur un échantillon et laissez sécher avant de comparer.

Pourquoi mon rouge devient-il rose ?

Parce que vous l’éclaircissez avec du blanc : un rouge lavé de blanc, c’est la définition même du rose. Pour éclaircir sans rosir, déplacez la teinte vers l’orangé avec un rouge plus chaud.

Le rouge de cadmium est-il dangereux ?

Les composés du cadmium sont toxiques. Selon l’INRS, leur absorption par la peau ou par ingestion est faible, et le risque principal vient de l’inhalation de poussières, de fumées ou de brouillards. Évitez donc la poudre sans protection et le ponçage à sec, suivez la fiche de données de sécurité du produit, ou choisissez un rouge de pyrrole ou naphtol.

Les nuances de rouge détaillées

Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.