Orange
Couleur secondaire par excellence, l’orange se mélange facilement, à condition de choisir un rouge qui ne tire pas vers le bleu.
- HEX
- #DD7A32
- RGB
- rgb(221, 122, 50)
- HSL
- hsl(25, 72 %, 53 %)

- #FCEDE4
- #F6D1BA
- #EFB490
- #E79865
- #DD7A32Référence
- #B2662F
- #89532B
- #624026
- #3E2D1F
Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.
Sommaire 8 parties
Pour faire de l’orange en peinture, mélangez du jaune et du rouge : l’orange est une couleur secondaire, située entre les deux sur le cercle chromatique. Partez du jaune, dont il faut nettement plus que de rouge, et ajoutez le rouge par petites touches jusqu’à la teinte voulue. Pour un orange franc, choisissez un rouge chaud (qui tire vers le jaune) ; un rouge bleuté donnera un orange plus terne, presque brun. Il existe aussi des pigments orange tout prêts, plus lumineux que la plupart des mélanges.
L’orange sur le cercle : une secondaire dans tous les modèles
L’orange occupe la zone située entre le rouge et le jaune. Contrairement au rouge, au jaune et au bleu des peintres, il s’obtient par mélange dans les trois systèmes de couleur.
| Modèle | Comment on obtient l’orange |
|---|---|
| Peintres (rouge, jaune, bleu) | Jaune + rouge, le jaune dominant |
| Impression (cyan, magenta, jaune) | Jaune + magenta, le jaune dominant |
| Écrans (rouge, vert, bleu) | Lumière rouge à pleine intensité + lumière verte partielle, par exemple #FF8000 |
Le modèle rouge-jaune-bleu le formule depuis longtemps : dès 1725, l’imprimeur Le Blon écrivait que le rouge et le jaune font l’orange. Sur un écran, la logique est différente mais aboutit au même endroit : rouge et vert à pleine intensité donnent du jaune ; en réduisant le vert, on glisse vers l’orange.
La complémentaire de l’orange est un bleu. C’est pourquoi un rouge qui tire vers le bleu, ou une pointe de bleu ajoutée par erreur, éteint un orange : on rapproche le mélange du gris et du brun.
Au sein de la famille, l’orange se décline du lumineux au sourd : l’orange abricot, adouci de blanc, le terracotta ou la rouille, rabattus de terre. Côté jaune, il rejoint les jaunes d’or ; côté rouge, le rouge vermillon. Très assombri et rabattu, il devient un brun : le marron n’est rien d’autre, sur le cercle numérique, qu’un orangé sombre et peu saturé.
Cette parenté explique un phénomène que beaucoup découvrent en peignant : un orange se « salit » vite. Une trace de bleu, de noir ou de vert suffit à le tirer vers le brun. C’est un défaut quand on cherche un orange franc, un atout quand on cherche un terracotta ou un caramel.
Les pigments qui font les oranges
Le Colour Index, la nomenclature qui figure sur les tubes d’artiste, désigne les oranges par le préfixe PO (pigment orange). Il en recense environ quatre-vingts.
- Orange de cadmium (PO20). Lumineux et opaque. Son prix et la toxicité des composés du cadmium ont limité son usage ; les fabricants proposent souvent des équivalents organiques.
- Oranges organiques. Azoïques (par exemple PO34), périnones, quinacridones, isoindolines et pyrroles : moins chers que les cadmiums et souvent transparents, ils sont largement employés.
- Terre de Sienne brûlée. Ce n’est pas un orange à proprement parler, mais une terre calcinée, plus rouge et plus opaque que la terre de Sienne naturelle. Elle donne des orangés bruns et chauds, idéaux pour les tons terracotta.
- Pigments historiques. Le minium de plomb, le réalgar et l’orpiment (sulfures d’arsenic) ont servi à faire des oranges. Ils sont toxiques et n’ont plus leur place dans une peinture décorative.
Avec deux tubes seulement, un jaune moyen et un rouge chaud (cadmium, pyrrole ou naphtol), vous couvrez déjà une large gamme d’oranges.
Réussir un mélange orange
- Choisissez le jaune. Un jaune moyen ou chaud donne des oranges francs ; un jaune citron, plus verdâtre, en donne de plus acides.
- Choisissez le rouge. Un rouge chaud (orangé) garde le mélange lumineux. Un rouge froid, type quinacridone ou cramoisi, contient une part de bleu : l’orange sera plus sourd.
- Partez du jaune. Mettez la base jaune sur la palette, puis ajoutez le rouge par toutes petites quantités. Un orange demande beaucoup de jaune pour peu de rouge : il est plus simple d’en rajouter que d’en retirer.
- Mélangez à fond, puis faites un échantillon. Comparez à sec, à la lumière de la pièce.
- Préparez d’emblée la quantité nécessaire. Un orange de mélange se refait difficilement à l’identique : pour un mur, mieux vaut tout préparer en une fois, ou choisir une teinte prête à l’emploi.
Nuancer un orange
Éclaircir
Le blanc transforme l’orange en pêche, en abricot, en saumon clair. Plus vous ajoutez de blanc, plus la teinte se rapproche d’un beige rosé. Pour éclaircir en gardant l’éclat, ajoutez plutôt du jaune : l’orange s’éclaircit et se réchauffe.
Assombrir
Une pointe de complémentaire, un bleu comme l’outremer, fonce et rabat l’orange vers le brun. Une terre (terre d’ombre, terre de Sienne brûlée) donne des tons rouille et cuivre. Le noir fonce aussi, mais il éteint vite la teinte et l’éloigne de l’orange : utilisez-le en dernier recours.
Rabattre
Pour un orange plus doux, type terracotta ou ocre orangé, ajoutez une terre ou une infime quantité de bleu. Golden rappelle qu’ajouter la complémentaire d’une couleur en réduit la saturation, et que l’ocre jaune « réchauffe les mélanges et apaise les couleurs les plus vives ».
Réchauffer ou refroidir
L’orange est déjà au cœur des couleurs chaudes. Plus de rouge l’emmène vers le vermillon ; plus de jaune, vers le jaune d’or. Pour le « refroidir » légèrement, on peut l’adoucir de blanc ou d’une pointe de gris : en ajoutant du bleu, on ne refroidit pas un orange, on le neutralise.
Obtenir un orange brûlé ou rouille
L’orange brûlé est un orange assombri et rabattu, entre le cuivre et la rouille. Partez d’un orange franc, ajoutez une terre de Sienne brûlée, puis, si la teinte reste trop vive, une infime pointe de bleu ou de terre d’ombre. Vous pouvez aussi partir directement de la terre de Sienne brûlée et la raviver avec un peu d’orange.
Les erreurs les plus fréquentes
- Partir du rouge. Il faudra une grande quantité de jaune pour le ramener à l’orange. Commencez toujours par la couleur la plus claire.
- Utiliser un rouge froid. Un rouge bleuté (cramoisi, framboise) contient la complémentaire de l’orange : le mélange sera brunâtre. C’est utile pour un orange sourd, gênant pour un orange vif.
- Éteindre l’orange au noir. Préférez une terre ou une pointe de bleu pour foncer.
- Viser un orange très vif par mélange. Un mélange est toujours un peu moins saturé que ses composants. Pour un orange éclatant, un pigment orange (organique ou cadmium) fera mieux.
- Oublier la lumière. Un orange qui paraît juste dans le pot peut devenir criard sur un mur bien exposé. Vérifiez sur un grand échantillon.
Accorder l’orange
L’orange vif s’emploie rarement en grand aplat. Il fonctionne très bien en camaïeu, des terres cuites sombres aux pêches très claires.
-
Brun orangé
#572D0F -
Cuivre
#9D511A -
Orange
#DD7A32 -
Abricot clair
#E7A270 -
Pêche pâle
#F3CFB5
Son complémentaire est un bleu. Pour un intérieur, on garde l’orange en accent et on rabat le bleu (même teinte, moitié moins saturé, plus sombre), avec un blanc chaud pour équilibrer.
#DD7A32
#315168
#F4F1EA
L’orange dans une pièce
Comme les autres couleurs chaudes et vives, l’orange semble avancer vers l’œil et rapproche les parois. Il apporte de la chaleur, mais peut vite saturer une petite pièce.
- Les oranges sourds d’abord. Terracotta, rouille, abricot ou ocre orangé se vivent bien sur de grandes surfaces ; l’orange franc se réserve à un objet, une porte, un meuble ou une niche.
- Selon l’orientation. Dans une pièce au nord, où la lumière est froide, un orange rabattu réchauffe l’atmosphère. Dans une pièce plein sud, un orange vif peut devenir écrasant à midi : choisissez une version plus douce.
- Avec les matières. L’orange rabattu dialogue naturellement avec la terre cuite, le bois, le cuir, le rotin et le lin. En contrepoint, un bleu profond ou un vert grisé calment l’ensemble.
Le Simulateur d’ambiance permet de comparer un orange vif et un orange rabattu sur les murs d’une même pièce.
Questions fréquentes
Comment faire de l’orange avec du rouge et du jaune ?
Mettez du jaune sur la palette, puis ajoutez le rouge en petites touches en mélangeant bien. Plus de jaune donne un orange clair et doré ; plus de rouge, un orange rougeâtre. Choisissez un rouge chaud pour garder l’éclat.
Pourquoi mon orange est-il marron ?
Le rouge utilisé tire probablement vers le bleu (quinacridone, cramoisi), ou une trace de bleu ou de noir s’est glissée dans le mélange. Le bleu étant la complémentaire de l’orange, il le rabat vers le brun.
Comment faire un orange terracotta ?
Partez d’un orange, puis rabattez-le avec une terre (terre de Sienne brûlée, ocre rouge) et, au besoin, une pointe de bleu ou de terre d’ombre. Éclaircissez légèrement au blanc si la teinte est trop sombre.
Comment faire de l’orange pastel ?
Ajoutez un orange à une base de blanc, par petites quantités. Vous obtiendrez des pêches et des abricots. L’orange abricot détaille cette direction.
Peut-on faire de l’orange sans jaune ?
Pas par mélange des primaires des peintres : l’orange a besoin d’une composante jaune. En revanche, un pigment orange tout prêt (cadmium, azoïque, pyrrole) ou une terre de Sienne brûlée donnent des orangés sans aucun mélange.
Les nuances de orange détaillées
Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.
Travailler le orange dans le Studio
Sources consultées
- Orange (couleur) — Wikipédia fr.wikipedia.org
- RYB color model — Wikipedia en.wikipedia.org
- Synthèse soustractive — Wikipédia fr.wikipedia.org
- RGB color model — Wikipedia en.wikipedia.org
- Color Mixing Guide | Golden Artist Colors goldenartistcolors.com
- Colour Index | Royal Talens royaltalens.com
- Marron (couleur) — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Terre de Sienne — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Terre d'ombre — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Bleu outremer — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Couleur chaude — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Cadmium et composés minéraux — Fiche toxicologique synthétique n° 60 (INRS) inrs.fr
- How light affects colour (Benjamin Moore) benjaminmoorepaint.co.uk