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Vert

Jaune plus bleu : la recette est connue, mais ce sont les pigments choisis qui font la différence entre un vert acide, un vert profond et un vert sauge.

HEX
#4C7A5A
RGB
rgb(76, 122, 90)
HSL
hsl(138, 23 %, 39 %)
Chambre au mur vert sauge, tête de lit en bois et linge de lit écru
  1. #E5ECE6
  2. #BDCEC1
  3. #97B19E
  4. #71957B
  5. #4C7A5ARéférence
  6. #41654C
  7. #37523E
  8. #2D3E31
  9. #222C24

Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.

Sommaire 8 parties

Pour faire du vert en peinture, mélangez du jaune et du bleu : le vert est une couleur secondaire. Partez du jaune et ajoutez le bleu par petites touches, car les bleus les plus utilisés en mélange (phtalocyanine, bleu de Prusse) sont très colorants. Le résultat dépend entièrement des deux pigments : un jaune citron et un bleu de phtalocyanine donnent un vert vif et froid ; un jaune chaud ou une ocre avec un bleu outremer donnent un vert plus doux, tirant vers l’olive. Pour un vert très éclatant, un pigment vert tout prêt (phtalocyanine, oxyde de chrome) fera mieux qu’un mélange.

Le vert sur le cercle : mélange pour le peintre, primaire pour l’écran

Le vert regroupe les couleurs situées entre le jaune et le bleu sur le cercle chromatique. Son statut change selon le modèle, et c’est un paradoxe utile à connaître.

Modèle Statut du vert Comment on l’obtient
Peintres (rouge, jaune, bleu) Secondaire Jaune + bleu
Impression (cyan, magenta, jaune) Secondaire Jaune + cyan, qui donne un vert saturé
Écrans (rouge, vert, bleu) Primaire Lumière verte seule

Sur un écran, le vert est une lumière de base ; en peinture, c’est un mélange. Le cyan des imprimeurs, un bleu qui tire vers le vert, explique pourquoi un bleu de phtalocyanine donne des verts plus vifs qu’un bleu outremer, qui tire au contraire vers le violet.

Sa complémentaire est traditionnellement le rouge pour les peintres ; dans le modèle des encres, c’est le magenta, la primaire qui n’entre pas dans sa composition. Ajouter un peu de rouge ou de terre rouge à un vert le rabat vers le kaki ou le vert grisé.

La famille est immense : le vert jade, bleuté et lumineux ; le vert émeraude, profond ; le vert olive, sombre et jaunâtre.

Les pigments qui comptent

Pour mélanger

  • Bleu de phtalocyanine (PB15). Développé dans les années 1930, transparent, à fort pouvoir colorant : à employer avec parcimonie. Les variantes PB15:3 et PB15:4 tirent vers le vert et donnent les verts les plus nets.
  • Bleu de Prusse (PB27). Découvert à Berlin vers 1706, bleu profond à tendance verdâtre, très colorant. Le « vert anglais » historique était souvent un mélange de bleu de Prusse et de jaune de chrome.
  • Bleu outremer (PB29). Bleu chaud tirant vers le violet : il donne des verts plus sourds et plus doux.
  • Jaunes. Un jaune citron pour des verts frais et vifs, un jaune moyen ou une ocre jaune pour des verts chauds, olive ou mousse.

Verts tout prêts

  • Vert de phtalocyanine (PG7, PG36). PG7, chloré, est un vert froid tirant vers le bleu ; PG36, bromé, un vert plus chaud tirant vers le jaune. Transparents, ils s’emploient avec parcimonie.
  • Oxyde de chrome (PG17). Vert minéral réputé pour sa grande stabilité, utilisé dans les peintures et le verre.
  • Viridian (oxyde de chrome hydraté). Vert bleuté transparent, préparé pour la première fois à Paris en 1838.
  • Terre verte. Argile colorée par des oxydes de fer, employée depuis l’Empire romain ; plutôt bleutée ou grisâtre selon sa provenance.

Des verts historiques comme le vert-de-gris, pigment à base de cuivre, sont toxiques et corrosifs : ils n’ont pas leur place dans une peinture décorative.

Réussir un mélange vert

  1. Choisissez la direction. Vert vif et froid : jaune citron + bleu tirant vers le vert. Vert chaud et doux : jaune moyen ou ocre + outremer.
  2. Partez du jaune. Mettez la base jaune, puis ajoutez le bleu en quantité infime. Un bleu de phtalocyanine ou de Prusse peut transformer tout le mélange en un seul ajout.
  3. Mélangez longuement. Les pigments très colorants laissent des traînées qui faussent le jugement.
  4. Faites un échantillon. Comparez à sec, à la lumière de la pièce, avant de produire la quantité nécessaire.
  5. Produisez tout en une fois. Un vert de mélange se refait difficilement à l’identique, surtout avec des bleus très colorants : préparez d’emblée assez de peinture pour toute la surface.

Nuancer un vert

Pour comparer les verts nommés, du vert d’eau au vert sapin en passant par le vert sauge, voyez les nuances de vert, rangées du plus clair au plus foncé.

Éclaircir

Le blanc donne des verts tendres, menthe, amande ou céladon. Un vert vif éclairci reste vif ; un vert rabattu éclairci devient un vert grisé très doux. Pour éclaircir en réchauffant, ajoutez plutôt du jaune.

Assombrir

Ajoutez du bleu pour un vert plus froid et plus profond, ou une pointe de complémentaire (rouge, terre de Sienne brûlée) pour un vert forêt ou bouteille. Le noir fonce mais éteint vite la teinte.

Rabattre

C’est la clé des verts de décoration. Une pointe de rouge, de terre d’ombre ou un gris neutre transforment un vert vif en sauge, en kaki, en vert-de-gris. Golden rappelle qu’ajouter la complémentaire d’une couleur en réduit la saturation, et qu’un gris neutre de même clarté baisse la saturation sans changer la valeur.

Réchauffer ou refroidir

Plus de jaune, ou une pointe d’ocre, réchauffe le vert vers l’olive et l’anis. Plus de bleu le refroidit vers l’émeraude et le bleu-vert.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Verser le bleu dans le jaune sans retenue. Avec un bleu très colorant, quelques gouttes de trop donnent un vert sapin quand vous vouliez un vert tendre.
  • Choisir un bleu violacé pour un vert vif. L’outremer contient une part de rouge, complémentaire du vert : le mélange sera plus terne. Utile pour un vert doux, gênant pour un vert franc.
  • Garder un vert trop criard. Un vert très saturé sur un mur peut paraître artificiel. Rabattez-le légèrement avec sa complémentaire ou un gris.
  • Rabattre trop fort. Le rouge et le vert s’annulent vite : au-delà d’une pointe, on obtient un brun ou un gris sale.
  • Juger sur l’écran. Le vert d’écran est une lumière primaire, d’une vivacité qu’un mélange de pigments n’atteint pas toujours. Validez sur échantillon.

Accorder le vert

Les analogues, teintes voisines sur le cercle, donnent les accords les plus naturels : du vert jaune au bleu-vert, en gardant la même douceur.

Analogues autour du vert (de −60° à +60° sur le cercle)
  • Vert olive doux #6C7A4C
  • Vert mousse #557A4C
  • Vert #4C7A5A
  • Vert d'eau profond #4C7A71
  • Bleu-vert gris #4C6C7A

Pour un accord complémentaire, on oppose le vert à une teinte rose-mauve très éclaircie, et on ajoute un blanc crème. Le résultat est doux, loin du contraste brutal rouge-vert.

Complémentaire éclaircie : vert, rose mauve pâle et blanc crème
  • Vert #4C7A5A
  • Rose mauve pâle #D8C0D1
  • Blanc crème #F3E9CF

Le vert dans une pièce

Le vert se décline du très doux au très profond, ce qui en fait une famille facile à adapter à chaque pièce. Les verts tirant vers le bleu se rangent parmi les couleurs froides ; ceux qui tirent vers le jaune paraissent plus chauds, la température d’une couleur restant toujours relative à ses voisines.

  • Pièces au nord. La lumière y est indirecte et plutôt froide. Benjamin Moore y conseille des couleurs à sous-ton chaud : un vert jaune, olive ou mousse y sera plus accueillant qu’un vert bleuté.
  • Pièces à l’est. La lumière y est vive et chaude le matin, puis plus froide. Selon le fabricant, les bleus et les verts tempèrent cette lumière matinale.
  • Pièces à l’ouest. Le fabricant cite les verts parmi les teintes qui s’accordent avec la lumière adoucie de fin d’après-midi.
  • Pièces au sud. La lumière y est plus chaude, parfois intense à midi. Les verts plus frais ou plus gris, sauge, vert d’eau, vert-gris, y gardent leur calme. Pour construire ces verts grisés, le pilier gris explique comment fabriquer des gris colorés.
  • Grands verts profonds. Un vert forêt ou bouteille sur tous les murs crée une ambiance enveloppante, de bibliothèque ou de salon d’hiver. Prévoyez des contrastes de clarté (plafond clair, bois blond).
  • Avec les matières. Bois, lin, terre cuite, laiton et pierre accompagnent naturellement les verts. Le rose poudré et le blanc crème en adoucissent les versions profondes.

Testez vos verts dans le Simulateur d’ambiance : la différence entre un vert bleuté et un vert jaune sur une grande surface surprend souvent.

Questions fréquentes

Comment faire du vert avec du jaune et du bleu ?

Mettez le jaune sur la palette, ajoutez le bleu par toutes petites quantités et mélangez bien. Plus de jaune donne un vert clair et chaud ; plus de bleu, un vert foncé et froid. Le choix des deux pigments décide de l’éclat.

Comment faire du vert foncé ?

Ajoutez du bleu à votre vert, puis, si besoin, une pointe de rouge ou de terre de Sienne brûlée pour l’approfondir sans le noircir. Un bleu de Prusse donne des verts très sombres.

Comment faire un vert sauge ?

Un vert sauge est un vert gris-vert clair. Partez d’un vert moyen, rabattez-le avec une pointe de rouge, de terre d’ombre ou de gris, puis éclaircissez au blanc. Testez sur échantillon : la sauge est une teinte subtile, sensible à la lumière de la pièce.

Pourquoi mon vert est-il terne ?

Votre bleu ou votre jaune contient probablement une part de rouge : un outremer, un jaune très orangé ou une ocre. Pour un vert plus vif, prenez un jaune citron et un bleu tirant vers le vert (phtalocyanine).

Comment faire un vert clair ?

Partez d’une base de blanc et ajoutez votre vert par petites quantités, plutôt que l’inverse. Une pointe de jaune réchauffe le résultat vers l’amande ; une pointe de bleu le rafraîchit vers le vert d’eau. Le vert menthe illustre cette direction.

Les nuances de vert détaillées

Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.

Sources consultées

  1. Vert — Wikipédia fr.wikipedia.org
  2. Bleu — Wikipédia fr.wikipedia.org
  3. Synthèse soustractive — Wikipédia fr.wikipedia.org
  4. Couleur complémentaire — Wikipédia fr.wikipedia.org
  5. Phtalocyanine — Wikipédia fr.wikipedia.org
  6. Bleu de Prusse — Wikipédia fr.wikipedia.org
  7. Bleu outremer — Wikipédia fr.wikipedia.org
  8. Oxyde de chrome(III) — Wikipédia fr.wikipedia.org
  9. Viridian — Wikipedia en.wikipedia.org
  10. Color Mixing Guide | Golden Artist Colors goldenartistcolors.com
  11. Couleur chaude — Wikipédia fr.wikipedia.org
  12. How light affects colour (Benjamin Moore) benjaminmoorepaint.co.uk