Les nuances de vert : nuancier, noms et pigments
Du vert d’eau au vert sapin, 41 verts nommés et rangés par clarté : ce qui les distingue, d’où viennent leurs pigments et comment choisir le bon pour une pièce.
Guide pratique
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Sommaire 5 parties
Notre nuancier compte 41 nuances de vert, du vert d’eau au vert sapin, chacune avec son code HEX de référence. Trois réglages les distinguent : la clarté ; la direction de la teinte, vers le jaune (olive, tilleul, pistache) ou vers le bleu (jade, émeraude, vert d’eau) ; la saturation, des verts vifs comme le vert pomme aux verts grisés comme la sauge ou le lichen. Leurs noms viennent surtout des plantes (sauge, mousse, sapin, épinard), des fruits (pomme, olive, pistache), des pierres (jade, émeraude, malachite) et des pigments (vert anglais, viride, terre verte).
Ce qui distingue deux verts
Deux verts aux noms voisins peuvent différer sur un seul de ces réglages, ou sur les trois.
| Réglage | D’un côté | De l’autre |
|---|---|---|
| Clarté | Vert d’eau, vert menthe, céladon | Vert sapin, vert bouteille, vert impérial |
| Teinte | Vers le jaune : olive, vert tilleul, vert citron | Vers le bleu : vert jade, émeraude, viride |
| Saturation | Vif : vert pomme, vert perroquet, vert printemps | Grisé : vert sauge, vert lichen, glauque |
Posez la nuance à côté d’un vert franc : un vert olive y paraît plus jaune, un vert jade plus bleu. Pour le peintre, le vert est une couleur de mélange, née du jaune et du bleu ; le pilier vert explique comment le déplacer dans chacune de ces directions.
Les pigments verts, du cuivre à la phtalocyanine
Les premiers verts de peintre étaient des minéraux ou des produits du cuivre ; le XIXe siècle a apporté les verts au chrome, le XXe les verts organiques de synthèse.
| Pigment | Repère historique | Caractère |
|---|---|---|
| Malachite | Exploitée par les Égyptiens vers 2500 av. J.-C. | Carbonate de cuivre, vert intense ; remplacée au Moyen Âge par des verts au résinate de cuivre. |
| Vert-de-gris | Fabrication décrite par Pline l’Ancien | Dépôt raclé sur le cuivre, le laiton ou le bronze ; toxique et corrosif. |
| Terre verte | Antiquité ; sous-couche des chairs à la Renaissance | Terre naturelle, plus froide quand elle vient de Vérone (PG23). |
| Vert de chrome, dit vert anglais | XIXe siècle | Mélange de jaune de chrome et de bleu de Prusse. |
| Vert oxyde de chrome | Synthèse au début du XIXe siècle ; préparé comme pigment par Pannetier en 1834 | Vert sourd et très stable (PG17), employé aussi dans le verre et les encres. |
| Viridian, ou viride | Préparé à Paris par Pannetier et Binet en 1838 ; procédé moins coûteux breveté par Guignet en 1859 | Oxyde de chrome hydraté, vert bleuté et transparent. |
| Vert de vessie | Ancien vert d’aquarelle | Jus de baies de nerprun séché dans des vessies d’animaux ; aujourd’hui un mélange de jaune et de vert de phtalocyanine. |
| Vert de phtalocyanine | Développé dans les années 1930 | Le PG7 tire vers le bleu, le PG36 vers le jaune. |
Le vert Véronèse illustre l’évolution des recettes : ce nom commercial du XIXe siècle désignait à l’origine un arséniate de cuivre, poison violent qui noircissait au contact du soufre. Les verts Véronèse actuels sont généralement à base de phtalocyanine.
Les verts du nuancier, groupe par groupe
Les verts clairs
Le vert d’eau et le vert menthe tirent légèrement vers le bleu ; le céladon est un vert pâle et grisé. L’amande, la pistache et le vert tilleul penchent au contraire vers le jaune. Ces verts éclairent une cuisine, une salle de bains ou une chambre d’enfant, avec du blanc et du bois clair.
Les verts vifs
Le vert pomme, le vert prairie et le vert perroquet sont francs et lumineux. Le vert printemps, qui tire vers le bleu, traduit un nom de couleur du Web. Le vert jade et l’émeraude sont des verts bleutés et profonds, plus faciles à vivre en grande surface quand on les associe à des neutres.
Les verts profonds
Le vert sapin, le vert bouteille et le vert impérial sont les plus sombres de la famille. Le vert anglais reprend la teinte de l’ancien mélange de jaune de chrome et de bleu de Prusse ; le vert épinard, plus franc, rappelle le vert d’épinard des cuisiniers, qui servait à colorer des préparations. Ces verts habillent bien une bibliothèque, un bureau ou un soubassement.
Les verts jaunes et olive
L’olive, le vert mousse et l’avocat sont des verts chauds, rabattus à des degrés divers. Le vert citron et le jaune-vert sont leurs versions vives et acidulées. Le kaki, que le dictionnaire définit comme un brun clair tirant sur le verdâtre, est rangé chez les marrons.
Les verts grisés
Le vert sauge est la référence du groupe : un vert doux, presque un gris coloré. Le vert lichen est plus jaune, le glauque et le vert-de-gris plus bleus, le feldgrau plus sombre. La terre verte, naturelle et sourde, et le sinople, nom du vert en héraldique, complètent la famille.
- Vert d’eau
#B7DCC8Vert très pâle et légèrement bleuté, celui d’une eau claire. - Vert menthe
#A9D8C4Vert pâle et frais, légèrement bleuté, qui évoque la menthe. - Céladon
#ACC8B2Vert pâle des grès chinois, nommé d’après le berger Céladon de L’Astrée. - Vert tilleul
#B8C96AVert jaune tendre, celui des jeunes feuilles et des fleurs de tilleul. - Chartreuse
#9ACD32Vert-jaune vif, d’après la liqueur des moines chartreux. - Vert citron
#A8C93AVert jaune vif et acidulé, à la frontière du jaune citron. - Amande
#A8C49AVert pâle et tendre, celui de l’amande fraîche encore verte. - Jaune-vert
#B3C43ACouleur tertiaire du cercle chromatique, entre le jaune et le vert. - Pistache
#A3C474Vert clair et tendre tirant sur le jaune, celui de l’amande de pistache. - Vert printemps
#3CCB7FVert vif tirant légèrement sur le bleu, traduction du nom web SpringGreen. - Vert pomme
#6DB33FVert clair et vif tirant sur le jaune, celui de la pomme verte. - Vert lichen
#8BA67EVert grisé et doux, celui des lichens sur la pierre et l’écorce. - Vert perroquet
#3FAE3AVert vif et éclatant, d’après le plumage de nombreux perroquets. - Vert sauge
#819A85Vert grisé et doux, inspiré des feuilles de sauge. - Vert prairie
#5FA348Vert franc et lumineux, celui de l’herbe d’une prairie au printemps. - Glauque
#6E9C8EVert tirant sur le bleu, un peu terne ; du latin glaucus, venu du grec. - Vert-de-gris
#5E9E8EVert bleuté du dépôt qui se forme sur le cuivre, le laiton ou le bronze. - Vert jade
#00A36CVert franc et lumineux, inspiré du jade, roche dure verte à blanche. - Vert Véronèse
#3A9C6BVert vif, nom commercial du XIXe siècle qui évoque les couleurs du peintre Véronèse. - Vert égyptien
#4E9478Vert obtenu en chauffant des composés calcaires, siliceux et cuivreux. - Terre verte
#7C8C68Argile verte colorée par des oxydes de fer, pigment utilisé depuis l’Empire romain. - Vert poireau
#5C8F4AVert moyen et franc, celui des feuilles du poireau. - Vert de cobalt
#3E8E6EVert issu d’oxydes de cobalt et de zinc, connu dès le XVIIIe siècle. - Vert mousse
#7A8450Vert grisé et chaud, tirant sur le jaune, celui des mousses des sous-bois. - Malachite
#1E8E5AVert intense d’un carbonate de cuivre, minéral déjà exploité par les Égyptiens. - Sinople
#2E8B3ENom du vert en héraldique, l’un des émaux des armoiries. - Avocat
#63802AVert jaune soutenu, d’après le fruit de l’avocatier. - Vert de vessie
#6E7B32Vert-jaune terne de l’aquarelle, autrefois mis à sécher dans des vessies d’animaux. - Viride
#2F7F6AVert profond et froid d’oxyde de chrome hydraté, dit aussi vert Guignet. - Vert
#4C7A5ACouleur secondaire des peintres, née du mélange du jaune et du bleu. - Émeraude
#0F7B5AVert profond et brillant, d’après la pierre précieuse du même nom. - Vert oxyde de chrome
#59704AVert sourd, couvrant et très stable d’oxyde de chrome (PG17), pigment du XIXe siècle. - Olive
#6B6B2EJaune-vert sombre et rabattu, d’après la teinte de l’olive verte. - Feldgrau
#5F6652« Gris de campagne » : vert-gris des uniformes allemands, adopté officiellement en 1910. - Vert phtalo
#0B6E4FVert bleuté de phtalocyanine (PG7), l’un des pigments les plus colorants qui existent. - Vert de Hooker
#3E5E2EVert sombre et un peu terne, nommé d’après l’illustrateur botaniste William Hooker. - Vert anglais
#2E5E3EMélange de jaune de chrome et de bleu de Prusse, dit aussi vert de chrome, très répandu au XIXe siècle. - Vert épinard
#2C5A2EVert foncé et franc ; le vert d’épinard servait aussi à colorer des préparations culinaires. - Vert impérial
#13582FVert foncé et soutenu, proche du vert sapin mais plus vif. - Vert bouteille
#1E4D2BVert foncé et profond, celui du verre des bouteilles. - Vert sapin
#1F4A33Vert très foncé et légèrement bleuté, celui des aiguilles du sapin.
Aucune couleur ne correspond à cette recherche.
Choisir un vert pour une pièce
L’orientation change beaucoup le rendu d’un vert. D’après Benjamin Moore, une pièce au nord reçoit une lumière froide et bleutée qui appelle des couleurs à sous-ton chaud : préférez un olive ou un vert mousse plutôt qu’un vert bleuté. Dans une pièce à l’ouest, le fabricant cite les verts et les crèmes parmi les couleurs qui fonctionnent bien. À l’est, les bleus et les verts tempèrent la lumière vive du matin ; au sud, les tons plus frais et plus gris, comme la sauge, apportent du calme.
Trois repères :
- Les verts grisés font de bons fonds pour toute une pièce ; les verts vifs restent des accents.
- Les verts chauds s’accordent avec la terre cuite, le cuir et le laiton ; les verts bleutés avec le blanc, le gris et le chêne clair.
- Pour un contraste franc, associez le vert au rouge, sa complémentaire chez les peintres, ou à ses versions rabattues comme la terre cuite et le vieux rose : voyez la page sur la couleur complémentaire du vert.
Questions fréquentes
Combien existe-t-il de nuances de vert ?
Il n’en existe pas de liste fermée : chaque fabricant crée ses propres teintes. Notre nuancier retient 41 noms de verts attestés, rangés du plus clair au plus foncé ; la liste des couleurs de A à Z réunit les autres familles.
Quelle différence entre vert sauge, vert olive et kaki ?
Le vert sauge est un vert grisé et doux. Le vert olive est un jaune-vert sombre et rabattu. Le kaki est un brun clair tirant sur le verdâtre, plus proche du marron que du vert.
Qu’est-ce qu’un nuancier vert ?
C’est une série d’échantillons de verts rangés par clarté ou par teinte, pour comparer les nuances côte à côte. Celui de cette page classe 41 verts du plus clair au plus foncé ; le générateur de nuancier du Studio permet d’en tirer un d’une photo.
Quels verts tirent vers le bleu ?
Le vert d’eau, le vert menthe, le vert jade, l’émeraude, le viride et le vert printemps. Parmi les pigments, le vert de phtalocyanine PG7 et le viridian sont des verts bleutés ; les nuances de bleu prolongent cette direction.
Sources consultées
- Vert — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Vert de chrome — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Oxyde de chrome(III) — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Viridian — Wikipedia en.wikipedia.org
- Phtalocyanine — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Terre verte — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Vert Véronèse — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Vert de vessie — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Définitions : kaki — Dictionnaire de français Larousse larousse.fr
- How light affects colour (Benjamin Moore) benjaminmoorepaint.co.uk