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Les nuances de bleu : nuancier, noms et pigments

Du bleu pastel au bleu marine, 44 bleus nommés et rangés par clarté : ce qui les distingue, d’où viennent leurs pigments et comment choisir le vôtre pour une pièce.

Guide pratique

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Sommaire 5 parties

Les nuances de bleu se comptent par dizaines : notre nuancier en réunit 44, du bleu pastel au bleu marine, chacune avec son code HEX de référence. Trois réglages suffisent à les distinguer : la clarté, du bleu ciel au bleu nuit ; la direction de la teinte, vers le vert (turquoise, bleu canard) ou vers le violet (outremer, indigo) ; la saturation, du bleu électrique très vif au bleu horizon grisé. Leurs noms viennent souvent d’un pigment, comme le cobalt ou le bleu de Prusse, ou d’une référence familière : le ciel, la nuit, le paon, le canard.

Ce qui distingue deux bleus

Deux bleus qui portent des noms proches peuvent différer sur un seul de ces réglages, ou sur les trois à la fois.

Réglage D’un côté De l’autre
Clarté Bleu pastel, bleu ciel, pervenche Bleu nuit, bleu marine, bleu de Prusse
Teinte Vers le vert : turquoise, bleu canard, bleu pétrole Vers le violet : outremer, indigo, bleu Klein
Saturation Vif : bleu électrique, azur, bleu cobalt Grisé : bleu horizon, bleu turquin, bleu de guède

Pour situer une nuance, regardez d’abord sa clarté, puis cherchez sa dominante en la posant à côté d’un bleu franc : un bleu-vert y paraît plus vert, un outremer plus violet. Le pilier bleu explique comment déplacer un bleu dans chacune de ces directions en peinture.

Les pigments bleus, de l’Égypte à nos jours

Pendant des siècles, il a fallu un minéral, une plante ou un procédé chimique pour obtenir un bleu, et le plus beau, l’outremer tiré du lapis-lazuli, est resté extrêmement cher jusqu’au XIXe siècle. Plusieurs nuances de ce nuancier portent encore le nom de ces matières.

Pigment Repère historique Caractère
Azurite et bleu égyptien Égypte ancienne L’azurite, un carbonate de cuivre naturel, est le premier pigment bleu ; le bleu égyptien est fabriqué à partir de verre au cuivre.
Indigo et guède Depuis l’Antiquité ; culture du pastel en Languedoc à partir du XIIe siècle Bleus de teinture tirés de plantes.
Smalt Réapparu au XVe siècle Verre coloré au cobalt, broyé.
Outremer Lapis-lazuli importé d’Afghanistan ; version synthétique de Jean-Baptiste Guimet en 1826 Bleu chaud tirant vers le violet (PB29), longtemps hors de prix.
Bleu de Prusse Découvert à Berlin vers 1706 Premier colorant synthétique moderne, bleu très foncé (PB27).
Bleu de cobalt Fabriqué par Louis Jacques Thénard en 1802 Aluminate de cobalt, cher et peu couvrant (PB28).
Céruléum Mis au point par George Rowney en 1860 Bleu à base de cobalt.
Bleu de phtalocyanine Développé dans les années 1930 Bleu intense de synthèse (PB15).
Bleu YInMn Découvert en 2009 dans une université de l’Oregon Pigment minéral récent.

Le bleu Klein n’est pas un pigment à part : le dictionnaire le définit comme une peinture à base de pigment outremer fixé par un liant, dont la formule a été déposée, et par extension comme un bleu outremer intense et mat.

Les bleus du nuancier, groupe par groupe

Les bleus clairs

Le bleu pastel est un bleu adouci de blanc, très doux ; le bleu ciel, plus franc, garde de l’éclat. La pervenche glisse vers le mauve, l’aigue-marine et le bleu givré vers le vert. Ces bleus aèrent un plafond, une chambre ou une salle de bains, et se marient au blanc cassé et au bois clair.

Les bleus vifs

Le bleu électrique est le plus éclatant du nuancier, l’azur un peu plus doux. Le bleu céleste, que le dictionnaire donne pour synonyme du céruléum, est un bleu clair et franc. Le bleu roi, associé aux vêtements des souverains de France, est plus profond, comme le bleu cobalt, qui porte le nom de son pigment. Le cyan, bleu-vert très pur, est l’une des trois encres de la quadrichromie. Ce sont des couleurs d’accent : une porte, une chaise, un luminaire.

Les bleus profonds

Le bleu nuit et le bleu marine sont très sombres ; le nom du second n’a d’ailleurs qu’un rapport indirect avec la couleur de la mer. L’indigo tire vers le violet ; le bleu de Prusse, très colorant, devient verdâtre quand on le dilue. Le bleu de Sèvres désigne, depuis le XIXe siècle, les fonds bleu foncé de certaines porcelaines de Sèvres. Ces bleus font de beaux murs de fond dans une bibliothèque ou un bureau, à condition de soigner l’éclairage.

Les bleus-verts

Le turquoise est le plus clair du groupe. Le bleu canard et le bleu paon sont plus soutenus, le bleu pétrole plus sombre et grisé. Le pers, mot littéraire, désigne une couleur entre le vert et le bleu. Ce groupe fait la transition avec les nuances de vert.

Les bleus grisés

Le bleu horizon, bleu-gris clair, était celui de l’uniforme des soldats français de 1915 à 1921. Le bleu turquin, un bleu foncé, tient son nom d’un marbre italien bleu veiné de blanc. Le bleu de guède, plus sourd, rappelle les bleus de teinture. À la frontière du gris se trouvent l’ardoise et le gris de Payne, rangés dans la famille des gris.

44 couleurs, de la plus claire à la plus foncée. Codes HEX : valeurs de référence écran, cliquez pour copier.

  • Bleu givré#9CCFD6Bleu très pâle tirant sur le vert, froid comme la glace.
  • Bleu pastel#AFC6E2Bleu pâle et doux, adouci de blanc comme toutes les teintes pastel.
  • Aigue-marine#7FC8C9Bleu-vert clair et limpide, d’après la pierre fine du même nom.
  • Bleu ciel#8DBDE8Bleu clair et lumineux, celui d’un ciel d’été dégagé.
  • Bleu horizon#8FA7BFBleu-gris clair de l’uniforme des soldats français de 1915 à 1921.
  • Turquoise#2BB3A8Bleu-vert clair et vif, d’après la pierre fine du même nom.
  • Pervenche#8F9BD3Bleu pâle légèrement mauve, celui de la fleur de pervenche.
  • Bleu céleste#4A9BDBBleu clair et lumineux, que le dictionnaire donne pour synonyme de céruléum.
  • Cyan#0097C4Bleu-vert franc, l’une des trois encres primaires de l’impression en quadrichromie.
  • Céruléen#3A8FC7Mot littéraire pour une teinte bleuâtre, du latin caeruleus.
  • Bleu de France#3A80D9Bleu vif et lumineux, souvent confondu avec le bleu roi.
  • Bleu acier#4682B4Bleu moyen légèrement grisé, évoquant les reflets de l’acier.
  • Bleu électrique#2C75FFBleu très vif et saturé, à l’éclat presque lumineux.
  • Azur#2A7FD4Bleu intense ; de l’arabe lāzaward, « lapis-lazuli », par le latin médiéval azurium.
  • Pers#4A7F8CMot littéraire pour une couleur entre le vert et le bleu ; du bas latin persus.
  • Bleu-vert#2A7F86Couleur tertiaire du cercle chromatique, entre le bleu et le vert.
  • Bleu bleuet#5472AEBleu moyen légèrement violacé, celui de la fleur de bleuet.
  • Bleu de guède#4F6F9CBleu tiré de la guède, ou pastel des teinturiers, cultivée en Languedoc dès le XIIe siècle.
  • Sarcelle#00777ABleu-vert profond, d’après le plumage du canard sarcelle.
  • Bleu persan#4E5FC2Bleu soutenu tirant sur le violet, nommé en référence à la Perse.
  • Bleu marial#3D63B0Bleu soutenu, teinte inspirée du manteau de la Vierge Marie.
  • Bleu canard#0E6F7FBleu-vert soutenu, d’après les reflets du plumage de certains canards.
  • Bleu paon#0A6E86Bleu-vert intense, d’après les reflets du plumage du paon.
  • Bleu égyptien#2C5FA8Bleu d’un pigment au cuivre mis au point dans l’Égypte ancienne.
  • Azurite#2E5C9EBleu d’un carbonate de cuivre naturel, premier pigment bleu employé par les Égyptiens.
  • Bleu roi#2650B8Bleu intense et profond, associé aux vêtements des souverains de France.
  • Bleu YInMn#2D4FB0Bleu minéral de synthèse découvert en 2009 dans une université de l’Oregon.
  • Bleu#2F5592Couleur primaire des peintres, froide, entre le vert et le violet sur le cercle chromatique.
  • Lapis-lazuli#1F4F99Bleu profond et violacé de la pierre dont on tirait l’outremer naturel.
  • Bleu turquin#3A4F7ABleu foncé, d’après un marbre italien bleu veiné de blanc ; de l’italien turchino.
  • Ultramarin#2A46A6Mot littéraire pour un bleu intense, synonyme d’outremer.
  • Bleu cobalt#0047ABBleu franc et profond du pigment mis au point par le chimiste Thénard au début du XIXe siècle.
  • Smalt#2D45A0Bleu d’un verre coloré au cobalt réduit en poudre, pigment réapparu au XVe siècle.
  • Bleu phtalo#0E4C92Bleu de phtalocyanine, pigment de synthèse au pouvoir colorant très élevé (PB15).
  • Outremer#233E9CBleu profond tirant sur le violet ; tiré du lapis-lazuli, synthétisé par Guimet en 1826.
  • Bleu de Sèvres#1F3F8FBleu foncé des fonds de certaines porcelaines de Sèvres, nom employé depuis le XIXe siècle.
  • Bleu pétrole#1D4851Bleu-vert sombre et légèrement grisé, entre le bleu canard et le vert sapin.
  • Bleu saphir#0F3D91Bleu profond et brillant, d’après la pierre précieuse du même nom.
  • Bleu d’indanthrène#24407ABleu de teinture de synthèse, produit par René Bohn à la BASF à partir de 1901.
  • Bleu Klein#1E2F9EBleu outremer intense et mat, d’après la peinture dont Yves Klein a déposé la formule.
  • Indigo#2E3A6EBleu sombre et violacé ; le colorant végétal est employé depuis l’Antiquité.
  • Bleu de Prusse#1F3A5CBleu très foncé et intense, premier colorant synthétique moderne, découvert à Berlin vers 1706.
  • Bleu nuit#1E2B5EBleu très sombre et profond, celui du ciel nocturne.
  • Bleu marine#1C2541Bleu très foncé, presque noir ; son nom n’a qu’un rapport indirect avec la couleur de la mer.

Choisir un bleu pour une pièce

Un même bleu change avec la lumière de la pièce. Benjamin Moore rappelle qu’une pièce au nord reçoit une lumière froide et bleutée, et y conseille des couleurs à sous-ton chaud : préférez un bleu qui penche légèrement vers le violet, comme un outremer adouci, plutôt qu’un bleu-vert. Au sud, la lumière est chaude et parfois intense : la plupart des bleus y fonctionnent, et les plus gris apaisent. À l’est, les bleus tempèrent la lumière vive du matin.

Trois repères :

  • Réservez les bleus profonds à un mur, un soubassement ou une menuiserie, et gardez un plafond clair.
  • Accordez les bleus clairs avec le blanc cassé, le lin et le bois blond ; les bleus profonds avec le laiton, le cuir et la terre cuite.
  • Peignez un grand échantillon et regardez-le le matin, l’après-midi et le soir avant de décider.

Questions fréquentes

Combien existe-t-il de nuances de bleu ?

Il n’existe pas de nombre fixe : chaque fabricant et chaque nuancier crée ses propres bleus. Notre nuancier retient 44 noms de bleus attestés, rangés du plus clair au plus foncé ; la liste des couleurs de A à Z réunit toutes les familles.

Quelle différence entre bleu roi, bleu nuit et bleu marine ?

Le bleu roi est un bleu intense et lumineux. Le bleu nuit est beaucoup plus sombre, et le bleu marine est le plus foncé des trois, presque noir. Nos valeurs de référence : #2650B8, #1E2B5E et #1C2541.

Qu’est-ce qu’un nuancier de bleu ?

C’est une série d’échantillons de bleus rangés par clarté ou par teinte, pour comparer les nuances côte à côte. Celui de cette page classe 44 bleus du plus clair au plus foncé ; le générateur de nuancier du Studio permet d’en tirer un d’une photo.

Quels bleus tirent vers le vert ?

Le turquoise, le bleu canard, le bleu paon, le bleu pétrole et le cyan, ainsi que l’aigue-marine parmi les bleus clairs. Le bleu de Prusse, lui, devient verdâtre quand on le dilue.

Sources consultées

  1. Bleu — Wikipédia fr.wikipedia.org
  2. Bleu outremer — Wikipédia fr.wikipedia.org
  3. Bleu de Prusse — Wikipédia fr.wikipedia.org
  4. Bleu de cobalt — Wikipédia fr.wikipedia.org
  5. Phtalocyanine — Wikipédia fr.wikipedia.org
  6. Bleu horizon — Wikipédia fr.wikipedia.org
  7. Définitions : bleu — Dictionnaire de français Larousse larousse.fr
  8. Définitions : pers — Dictionnaire de français Larousse larousse.fr
  9. Définitions : turquin — Dictionnaire de français Larousse larousse.fr
  10. How light affects colour (Benjamin Moore) benjaminmoorepaint.co.uk