Aller au contenu
Famille bleu

Comment faire du bleu cobalt en peinture

Le bleu cobalt est un bleu intense et lumineux, du nom d’un pigment minéral à base d’aluminate de cobalt mis au point au début du XIXe siècle.

Il y a deux façons d’obtenir du bleu cobalt en peinture. La plus directe est d’utiliser le pigment lui-même, le bleu de cobalt (PB28 au Colour Index), cher mais très stable, et de l’éclaircir au besoin avec du blanc. L’autre consiste à l’imiter : un bleu outremer, une petite quantité de bleu de phtalocyanine et du blanc de titane donnent un bleu franc très proche, à ajuster par petites touches. Dans les deux cas, peignez un échantillon et laissez-le sécher avant de juger, car la teinte varie selon la marque, le support et la lumière.

  1. #DBE5F5
  2. #95B1DF
  3. #517DC6
  4. #0047AB
  5. #0E3C81
  6. #15315A
  7. #172534
HEX
#0047AB
RGB
rgb(0, 71, 171)
HSL
hsl(215, 100 %, 34 %)
Contraste
sur blanc 8,43 : 1, sur anthracite 2,09 : 1

Valeur de référence numérique Artisanat Web (écran sRGB), pas une formule de peinture. Le bandeau montre des déclinaisons calculées à l’écran.

Sommaire 6 parties

Le pigment bleu de cobalt

Le bleu de cobalt est un pigment minéral de synthèse, un aluminate de cobalt. Le chimiste Louis Jacques Thénard le met au point en 1802, à la demande de Chaptal, pour remplacer l’outremer naturel, tiré du lapis-lazuli et alors très coûteux. Le cobalt colorait déjà le verre et les émaux depuis l’Antiquité, mais sous d’autres formes.

Ses propriétés expliquent sa réputation chez les peintres :

  • une très bonne résistance à la lumière, à la chaleur, aux acides et aux alcalis ;
  • une teinte généralement un peu violacée, que certaines fabrications, avec du zinc, rendent plus verte ;
  • un pouvoir colorant et une opacité faibles : il faut beaucoup de pigment pour teinter du blanc ;
  • un éclat qui baisse sous la lumière des lampes à incandescence ;
  • un prix élevé, qui le réserve aux usages où ses qualités sont indispensables.

Si l’étiquette d’un tube « bleu cobalt » ne mentionne aucun pigment au cobalt (le plus souvent PB28), il s’agit d’une imitation. Ce n’est pas un défaut : c’est souvent la solution la plus économique.

Ce qui fait un bleu cobalt

La valeur de référence Artisanat Web, #0047AB, se lit ainsi :

  • Teinte : vers 215° sur le cercle numérique, un bleu franc, sans dérive marquée vers le vert ou le violet.
  • Saturation : maximale. C’est un bleu pur, sans gris.
  • Clarté : moyenne à basse.
  • Température : froide, mais lumineuse.

Le pigment réel peut paraître légèrement plus violacé que cette valeur d’écran : comparez toujours sur un échantillon peint. Le cobalt se situe entre le bleu indigo, plus sombre et plus sourd, et le bleu ciel, beaucoup plus clair. La page consacrée au bleu présente toute la famille.

Pistes de mélange à tester

Avec le pigment bleu de cobalt

  1. Déposez le bleu de cobalt : à l’état pur, il est déjà proche de la cible.
  2. Pour l’éclaircir, ajoutez-le par petites touches à du blanc de titane, et non l’inverse.
  3. Comptez une quantité de pigment importante : il colore peu.
  4. S’il paraît trop violacé, une trace de bleu de phtalocyanine le redresse.

En l’imitant : outremer, phtalo et blanc

C’est ainsi qu’on l’imite le plus souvent.

  1. Partez de l’outremer (PB29), bleu chaud qui tire sur le violet.
  2. Ajoutez une pointe de bleu de phtalocyanine. Très colorant, il corrige le reflet violet et donne de l’intensité.
  3. Éclaircissez avec du blanc de titane par petites touches, jusqu’à la clarté de la référence.
  4. Ajustez : plus d’outremer pour réchauffer, plus de phtalo pour refroidir.

L’outremer seul colore peu en mélange avec le blanc et perd vite en saturation : c’est pourquoi la pointe de phtalo est utile.

En peinture murale

Pour un mur, choisissez une teinte de nuancier proche de la référence et faites-la préparer en magasin. C’est le rendu qui compte, pas le pigment ; si vous voulez savoir ce que contient la peinture, demandez sa fiche technique.

Pour chaque piste, peignez un échantillon assez grand et laissez-le sécher.

Corriger la teinte

  • Trop vif : une trace de terre d’ombre, ou un peu plus de blanc pour l’adoucir.
  • Trop terne, grisé : repartez d’un bleu pur ; un mélange éteint ne se ravive pas.
  • Trop violet : une pointe de bleu de phtalocyanine.
  • Trop vert : une pointe d’outremer.
  • Trop clair : ajoutez du bleu, pas du noir.
  • Trop foncé : ajoutez du blanc par petites touches.

Le mélangeur de couleurs reprend ces étapes. Il aide à raisonner ; l’échantillon peint reste la vérification.

Où l’utiliser dans une pièce

Le bleu cobalt est une couleur affirmée. Il convient aux pans de mur, aux portes, aux menuiseries, aux meubles et aux objets. Dans une cuisine ou une salle de bains, il évoque les céramiques bleu et blanc, associé à un blanc franc.

Le pigment perd de son éclat sous une lumière incandescente. Plus largement, toute peinture bleue change avec l’éclairage : regardez votre échantillon le soir, sous vos propres lampes, avant de vous décider.

Côté matières, il s’accorde avec le blanc, le bois clair, le laiton, le lin naturel et la terre cuite, dont l’orangé lui répond.

Accord complémentaire. Les orangés et les tons sable se situent à l’opposé du cobalt sur le cercle chromatique. L’abricot donne le contraste, le beige et le blanc l’apaisent.

Bleu cobalt et tons orangés
  • Bleu cobalt #0047AB
  • Orange abricot #E8925A
  • Beige #D8C3A2
  • Blanc #F4F1EA

Camaïeu bleu et blanc. Une seule teinte déclinée en clartés, du blanc au marine, à la manière des faïences.

Camaïeu bleu et blanc
  • Blanc #F4F1EA
  • Bleu pastel #AFC6E2
  • Bleu cobalt #0047AB
  • Bleu marine profond #1C2541

Pour composer d’autres accords, ouvrez le Color Lab.

Questions fréquentes

Le bleu de cobalt est-il toxique ?

Le pigment, un aluminate de cobalt insoluble, n’est pas associé à un danger connu dans un usage normal selon son fournisseur. Le cobalt et ses composés minéraux sont toutefois classés par l’INRS parmi les sensibilisants et les cancérogènes. Évitez donc d’inhaler les poussières, de poncer à sec et de manger en peignant, et suivez la fiche de données de sécurité.

Bleu cobalt ou bleu outremer : lequel choisir ?

L’outremer est un bleu chaud qui tire sur le violet, transparent et sensible aux acides. Le cobalt est très stable, mais plus cher et peu colorant. Pour un bleu cobalt économique, l’outremer associé à une pointe de phtalo et à du blanc constitue une bonne imitation.

Comment savoir si une peinture contient vraiment du cobalt ?

Lisez le code pigment sur l’étiquette ou la fiche technique. Le bleu de cobalt porte le plus souvent le code PB28 au Colour Index. Un « bleu cobalt » qui ne mentionne que de l’outremer (PB29) ou un phtalo est une imitation.

Comment éclaircir le bleu cobalt sans le ternir ?

Ajoutez-le par petites touches à du blanc de titane, en quantité suffisante, car il colore peu. Avec l’imitation, une pointe de phtalo supplémentaire maintient l’intensité quand le blanc la fait baisser.

Sources consultées

  1. Bleu de cobalt — Wikipédia fr.wikipedia.org
  2. Bleu outremer — Wikipédia fr.wikipedia.org
  3. Cobalt Aluminate Blue Pigment — Natural Pigments naturalpigments.com
  4. Cobalt et composés minéraux (FT 128). Généralités - Fiche toxicologique - INRS inrs.fr
  5. Cobalt et composés minéraux (FT 128). Recommandations - Fiche toxicologique - INRS inrs.fr

Nuances voisines

De la même famille d’abord, puis les plus proches à l’œil (écart calculé en OKLab).