Gris
Noir et blanc donnent un gris ; deux complémentaires et du blanc en donnent de bien plus vivants. Le secret d’un beau gris tient à sa dominante, chaude ou froide.
- HEX
- #8D8D88
- RGB
- rgb(141, 141, 136)
- HSL
- hsl(60, 2 %, 54 %)

- #EEEEEE
- #D5D5D3
- #BCBCB9
- #A4A4A0
- #8D8D88Référence
- #747470
- #5B5C58
- #444542
- #2E302C
Déclinaisons numériques calculées (mélange à l’écran avec du blanc ou de l’anthracite) : des repères de clarté, pas des recettes de peinture.
Sommaire 10 parties
Pour faire du gris en peinture, mélangez du blanc et du noir : c’est la méthode la plus simple, et on règle la clarté en dosant le noir. Pour des gris plus vivants, mélangez deux couleurs complémentaires, comme le bleu et l’orange, le rouge et le vert ou le jaune et le violet, puis éclaircissez avec du blanc : vous obtenez des gris « colorés », chauds ou froids selon la couleur qui domine. Une troisième voie consiste à mélanger les trois primaires, puis à ajouter du blanc. Dans tous les cas, partez du blanc et ajoutez le foncé par petites touches.
Ce qu’est un gris
Le gris se définit par la faiblesse, ou l’absence, d’impression de couleur, avec une clarté comprise entre celle du noir et celle du blanc. Un gris parfaitement neutre, sans aucune dominante, est rare. Dans les arts visuels, on distingue les gris chauds, légèrement orangés, et les gris froids, légèrement bleus ou bleu-vert. On parle aussi de gris colorés : gris rosé, gris vert, gris bleu.
À l’écran, un gris neutre se reconnaît facilement : ses trois composantes, rouge, verte et bleue, sont égales (par exemple #808080). Le code de référence de cette page, #8D8D88, a une composante bleue un peu plus faible : c’est un gris très légèrement chaud.
| Méthode | Résultat | Pour quoi faire |
|---|---|---|
| Blanc + noir | Gris neutre, parfois un peu froid ou plat selon le noir | Gris techniques, dégradés de clarté |
| Deux complémentaires + blanc | Gris colorés, nuancés, vivants | Murs, gris décoratifs, ombres |
| Trois primaires + blanc | Gris réglable dans toutes les directions | Ajuster finement la dominante |
| Couleur + son gris de même clarté | Version rabattue de la couleur | Sauge, bleu gris, vieux rose |
Les noirs et les gris tout prêts
Les noirs portent le préfixe PBk (pigment black) dans le Colour Index. Ils n’ont pas tous la même nuance, et cela se voit dans les gris.
- Noir d’ivoire, ou noir d’os (PBk9). Charbon d’os, fait surtout de phosphate de calcium et d’un peu de carbone. Apprécié pour sa profondeur et son bon pouvoir colorant.
- Noir d’oxyde de fer, ou noir de Mars (PBk11). Noir minéral, couvrant comme la plupart des pigments minéraux.
- Noir de carbone (PBk7). Noir à base de carbone, souvent utilisé dans les gris de Payne actuels.
- Gris de Payne. Gris foncé tirant sur le bleu, mis au point par l’aquarelliste anglais William Payne à la fin du XVIIIe siècle. Il est aujourd’hui composé le plus souvent de noir de carbone et de bleu outremer.
Golden propose aussi des gris neutres prêts à l’emploi, déclinés en plusieurs clartés, pour rabattre une couleur sans en changer la valeur.
Pourquoi les complémentaires font du gris
Deux couleurs complémentaires, mélangées, annulent mutuellement leur couleur : en théorie, elles produisent un gris neutre. Avec des pigments réels, il est rare d’obtenir un gris parfait ; le mélange garde une légère dominante, et c’est justement ce qui fait son charme. Golden résume : mélanger des couleurs opposées sur le cercle chromatique donne du noir ou du gris, et c’est en éclaircissant ce mélange avec du blanc qu’on obtient des gris. Sa gamme de mélange ne comporte d’ailleurs aucun noir : les noirs et les gris y sont fabriqués à partir de complémentaires.
Trois paires classiques :
- Bleu outremer + terre de Sienne brûlée (orangé). Une paire courante pour des gris et des quasi-noirs réglables, du gris bleuté au gris chaud.
- Rouge + vert. Des gris rosés ou verdâtres selon la dominante.
- Jaune + violet. Des gris beige ou gris mauve.
Le site britannique SAA propose une variante avec les trois primaires : préparer un vert (bleu + jaune), puis ajouter un peu de rouge pour le neutraliser.
Réussir un gris coloré, étape par étape
- Mettez une base de blanc sur la palette.
- Préparez à part le mélange foncé : par exemple un outremer et une terre de Sienne brûlée, jusqu’à obtenir un quasi-noir ni trop bleu ni trop roux.
- Ajoutez ce mélange au blanc, par petites touches, jusqu’à la clarté voulue.
- Corrigez la dominante : une pointe de bleu pour un gris plus froid, une pointe de terre pour un gris plus chaud.
- Faites un grand échantillon et observez-le à plusieurs heures.
Nuancer un gris
Éclaircir ou assombrir
Le blanc éclaircit, le noir ou le mélange de complémentaires assombrit. Pour un gris très clair, comme un gris perle, il suffit souvent d’une trace de foncé dans beaucoup de blanc.
Réchauffer
Une pointe d’ocre, de terre de Sienne ou d’orangé donne des gris chauds : grège, taupe, gris pierre. Le pilier beige prolonge cette direction.
Refroidir
Une pointe de bleu outremer donne des gris ardoise ou bleutés ; une pointe de vert, des gris-verts ou sauge.
Colorer un gris
Toute couleur ajoutée à petite dose à un gris donne un gris coloré : gris rosé avec un rouge, gris lavande avec un violet. Inversement, ajouter à une couleur un gris de même clarté la rabat sans l’assombrir.
Le gris comme outil : rabattre les autres couleurs
Le gris ne sert pas qu’à peindre des murs gris. C’est aussi l’outil le plus sûr pour adoucir n’importe quelle couleur. Golden le recommande pour baisser la saturation d’une teinte sans changer sa clarté : on choisit, ou on prépare, un gris de même valeur que la couleur, puis on l’y ajoute progressivement.
- Un vert + un gris de même clarté donne un vert sauge ou un vert-gris (voir le pilier vert).
- Un bleu + un gris donne un bleu ardoise ou un bleu gris (voir le pilier bleu).
- Un rose + un gris donne un rose poudré, cendré.
- Un beige + un gris donne un grège.
L’avantage par rapport à la complémentaire : le gris rabat sans déplacer la teinte. La complémentaire, elle, rabat et assombrit à la fois, et un excès fait vite basculer vers le brun.
Les erreurs les plus fréquentes
- Ajouter du blanc au noir. Le noir est si colorant qu’il faudrait des quantités énormes de blanc. Partez du blanc.
- Se contenter du noir et du blanc pour un mur. Le résultat est juste, mais souvent plat. Une pointe de couleur, ou un gris de complémentaires, donne plus de profondeur.
- Ignorer la dominante du noir. Selon le pigment, le gris obtenu peut tirer légèrement vers le bleu, le brun ou le vert. Testez avant de produire.
- Oublier le contraste simultané. Selon Chevreul, deux couleurs voisines paraissent aussi différentes que possible. Un gris neutre placé contre un mur rouge peut sembler légèrement verdâtre ; contre un jaune, légèrement mauve. Jugez votre gris dans son environnement réel.
- Choisir un gris sans regarder la lumière. Un gris chaud dans une pièce froide, ou l’inverse, change complètement de caractère.
Accorder le gris
Le gris est l’allié de toutes les couleurs. Un camaïeu, du gris anthracite au gris très clair, crée une base sobre.
-
Anthracite
#343432 -
Gris foncé
#5E5E5A -
Gris
#8D8D88 -
Gris clair
#B0B0AC -
Gris très clair
#D8D8D6
Avec des neutres, une seule couleur vive suffit à animer l’ensemble. Ici, un jaune moutarde reprend la légère chaleur du gris de référence.
#8D8D88
#CFCDC6
#F4F1EA
#D2A12A
Le gris dans une pièce
Le gris passe pour neutre, mais il ne l’est presque jamais : sa dominante chaude ou froide décide de l’ambiance.
- Pièces au nord. La lumière y est indirecte et froide. Benjamin Moore conseille des sous-tons chauds au nord : préférez un gris chaud, grège ou pierre, à un gris bleuté.
- Pièces au sud. Le fabricant indique que les tons plus frais et plus gris conviennent bien à la lumière chaude du sud.
- Pièces à l’ouest. Il cite les gris chauds pour compenser la tonalité bleutée de la lumière du soir.
- Avec les matières. Bois clair, lin, laine, béton, zinc, pierre et métaux. Un gris froid gagne à être réchauffé par du bois ; un gris chaud s’accorde avec le laiton et la terre cuite.
Comparez un gris chaud et un gris froid sur une même pièce dans le Simulateur d’ambiance : la différence est souvent plus nette qu’on ne l’imagine.
Questions fréquentes
Comment faire du gris sans noir ?
Mélangez deux complémentaires, par exemple un bleu outremer et une terre de Sienne brûlée, ou un rouge et un vert, jusqu’à obtenir un ton neutre très foncé. Ajoutez-le ensuite à du blanc par petites touches.
Comment faire du gris foncé ou anthracite ?
Ajoutez davantage de noir, ou de mélange de complémentaires, à votre gris. Une pointe de bleu donne un anthracite froid ; une pointe de terre, un anthracite plus chaud.
Comment faire du gris clair ?
Partez d’une grande quantité de blanc et ajoutez une trace de noir ou de mélange foncé. Ajustez la dominante avec une pointe d’ocre (chaud) ou de bleu (froid).
Quelle différence entre un gris chaud et un gris froid ?
Un gris chaud tire légèrement vers l’orangé, le beige ou le brun ; un gris froid, vers le bleu ou le bleu-vert. La différence, discrète sur un nuancier, se voit souvent davantage sur un mur entier.
Comment faire du gris avec les couleurs primaires ?
Préparez un vert avec du bleu et du jaune, puis ajoutez un peu de rouge pour le neutraliser. Éclaircissez avec du blanc. Ajustez avec la primaire qui manque si une dominante apparaît.
Les nuances de gris détaillées
Une page par teinte : pistes de mélange à tester, corrections, accords.
Travailler le gris dans le Studio
Sources consultées
- Gris — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Couleur complémentaire — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Color Mixing Guide | Golden Artist Colors goldenartistcolors.com
- Colour wheels (SAA) saa.co.uk
- Gris de Payne — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Bone char — Wikipedia en.wikipedia.org
- Colour Index | Royal Talens royaltalens.com
- Couleur chaude — Wikipédia fr.wikipedia.org
- Michel-Eugène Chevreul — Wikipédia fr.wikipedia.org
- The laws of contrast of colour : and their application to the arts of… (Project Gutenberg) gutenberg.org
- How light affects colour (Benjamin Moore) benjaminmoorepaint.co.uk